10 / 12 / 2019

En janvier 2018, dans le cadre de la concertation sur la mise en œuvre du Rac 0, les plateformes Carte Blanche, Kalivia, Itelis, Santéclair et Sévéane adressaient à la Direction de la Sécurité sociale (DSS) une note technique listant leurs propositions communes pour les trois secteurs concernés par la réforme. Selon ce document que L’OL [MAG] s’est procuré, les réseaux préconisaient, pour l’optique, un panier Rac 0 d’une qualité très inférieure à celui finalement adopté.

Cette note révèle que les cinq plateformes préconisaient, pour le panier 100 % santé, « des verres correcteurs unifocaux pour la compensation d’un défaut visuel (myopie, hypermétropie, astigmatisme) OU d’une presbytie (possibilité de verres mi-distance) ». Les réseaux souhaitaient n’y inclure des progressifs que pour « la compensation d’un défaut visuel (myopie, hypermétropie, astigmatisme) ET d’une presbytie ».

Par ailleurs, les réseaux de soins proposaient, sous forme « d’hypothèse technique » que les verres du panier Rac 0 (classe A) soient organiques, que leurs traitements se limitent au durci, que leur indice soit de 1.5 pour les sphères inférieures à 3 et de 1.6 pour les sphères égales ou supérieures à 3. Cela aurait donc exclu de l’offre 100 % santé tous les indices supérieurs, les traitements antireflets, les verres minéraux et les verres en polycarbonate. Pour les plateformes, qui souhaitaient également une garantie d’adaptation de 1 mois sur les progressifs, ces choix auraient pu « ne pas générer de surcoût dans le cadre des minima de garanties des contrats responsables ».

Rappelons que ces préconisations n’ont pas été retenues : les verres de classe A auront par exemple un indice minimal de 1.67 pour les sphères de 4 à 8 ou un indice 1.74 pour les sphères de 8 à 12 ; ils devront aussi (sauf pour les fortes corrections) être traités antireflets. La garantie adaptation des progressifs à quant à elle été fixée à 3 mois.