23 / 10 / 2019

Selon une étude réalisée par CSA pour le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), le délai médian d’obtention d’un rendez-vous dans le cas d’un contrôle périodique est passé de 66 à 43 jours en 2 ans, soit -35% par rapport à l’étude de la Drees publiée en octobre 2018. Pour une prise en charge d’une apparition de symptômes, il a été divisé par 2, passant de 20 à 10 jours.

 

« Les délais s’améliorent dans toutes les régions, même s’il reste des disparités à réduire », se réjouit le Snof. En effet, 6 patients sur 10 ont obtenu un rendez-vous après contact téléphonique. Les échecs ont des motifs divers : agenda non encore ouvert, activité spécialisée, renvoi sur le site internet…. Ce n’est que dans 14 % des cas que le cabinet a déclaré ne plus prendre de nouveaux patients, un chiffre stable par rapport aux enquêtes antérieures mais qui, selon le syndicat, devrait se réduire avec la poursuite du plan pour améliorer l’accès aux soins oculaires. « C’est une enquête charnière car elle permet de mesurer objectivement les effets du plan de la filière visuelle et d’affiner nos axes pour poursuivre cette dynamique. Cette amélioration significative des délais de rendez-vous a été obtenue grâce à une implication sans précédent des ophtalmologistes. Des mesures complémentaires comme le développement de l’exercice en sites secondaires ou l’optimisation des agendas via la prise de rendez-vous en ligne devraient encore soutenir la dynamique sans démédicalisation », commente son président Thierry Bour.

 

Pour accélérer l’amélioration des délais, le Snof mise sur la montée en puissance de la prise de rendez-vous sur Internet. Après avoir signé un partenariat avec Doctolib et Alaxione début 2019, l’organisation fixe un objectif de 75 % d’équipement dans les 2 ans. « Actuellement, c’est une offre complémentaire qui propose des délais en légère réduction par rapport aux rendez-vous téléphoniques, mais les usages sont en train de changer et déjà 10 % des demandes téléphoniques sont réorientées systématiquement vers les sites en ligne », explique le syndicat. « Nous sommes convaincus que l’optimisation de la gestion des plannings est un levier déterminant pour l’amélioration des délais : 3 à 10 personnes par jour ne viennent pas à leur rendez-vous… c’est un vrai gâchis ! Avec la moitié des praticiens libéraux ayant un site de prise de rendez-vous en ligne, l’ophtalmologie est une spécialité leader en la matière. Aujourd’hui, nous pouvons estimer qu’au moins 25 % de l’offre de rendez-vous pour un examen oculaire se trouve sur ces sites, cela pourrait être la majorité d’ici quelques années », pronostique Thierry Bour.

 

Enfin, pour parvenir à son objectif de « zéro délai en 2022 », le Snof insiste sur la nécessité d’ouvrir 240 postes d’ophtalmologistes par an. En complément, il définit quatre priorités pour les deux prochaines années : poursuivre le développement de l’équipe de soins autour de l’ophtalmologiste, développer les cabinets secondaires pour un meilleur maillage territorial en y associant la télémédecine et les orthoptistes, créer des plages de rendez-vous à délais courts notamment grâce aux logiciels de rendez-vous en ligne et renforcer le renouvellement des équipements optiques chez l’opticien, « sous réserve d’un vrai échange d’information en retour et du respect du cadre de cette délégation ».