26 / 02 / 2020

Paul Morlet, le dirigeant et fondateur de l’enseigne low-cost Lunettes pour Tous, était le 13 janvier l’invité de BFM Business, où il s’est exprimé sur la réforme du Rac 0 et ses effets dans ses magasins.

 

Cinq ans après sa création en 2014, réalisée avec le soutien de Xavier Niel, Lunettes pour Tous (LPT) rassemble aujourd’hui 20 magasins (dont 7 à Paris) qui proposent des équipements à partir de 10 euros tout compris, délivrés en 10 minutes selon les promesses de l’enseigne. Au total, 800 000 personnes auraient à ce jour acheté ses produits. Sur le plateau de BFM Business, Paul Morlet a assuré que ceux-ci étaient d’une qualité équivalente que ceux vendus dans un point de vente classique : « Encore une fois, c’est une histoire de marge. Chez l’opticien traditionnel, quand vous rentrez en magasin, on vous demande la carte de mutuelle. L’opticien ne s’adapte pas à votre besoin mais à votre remboursement. Nous, on a créé des prix fixes, on ne s’occupe pas de la mutuelle. Une paire de lunettes à 150 euros chez nous, c’est ce qui vaut 1 000 euros ailleurs », a-t-il déclaré avec aplomb.

Le 100 % santé donne accès à l’offre « haut de gamme » de Lunettes pour Tous

Le concept Lunettes pour Tous, que son fondateur qualifie d’Amazon de la lunette, est-il menacé par la mise en œuvre du 100 % santé, qui permet à tous les Français d’obtenir des équipements Rac 0 dans tous les magasins d’optique ? Non, assure son fondateur : « Tous les opticiens proposent une offre sans reste à charge. Le panier moyen des opticiens classiques va passer de 500 euros à 150 euros. Ils ont une manière un peu particulière de vendre ces produits-là. Ce sont des produits très simples avec très peu d’options, des montures pas très jolies, un délai de livraison assez long, des verres de moins bonne qualité, etc. Chez Lunettes pour Tous, avec cette réforme, on arrive à vendre des produits de très bonne qualité. Avec nos tarifs, un client qui vient chez nous dans le cadre du 100 % santé peut acheter les montures et les verres les plus haut de gamme avec des traitements anti-lumière bleue, etc. Et les avoir en 10 minutes. Quelqu’un qui aura une mutuelle au minimum aura finalement le maximum. »

Paul Morlet assure que plus aucun verre n’est fabriqué en France

A l’occasion de son interview, Paul Morlet est revenu sur l’activité de ses magasins, qui vendent selon lui 350 lunettes par jour en moyenne. Il annonce un CA de 30 millions d’euros en 2019, un effectif total de 400 salariés (en CDI) et 30 projets d’ouvertures sur 2020 et 2021. Interrogé sur la provenance de ses produits, il a expliqué que « tout venait d’Asie », comme chez « la concurrence parce qu’il n’y a plus de verres faits en France » (Paul Morlet semble ignorer l’existence des sites de production de BBGR, Codir, Essilor, Novacel, Shamir, Mont-Royal ou encore Zeiss, qui fabriquent tous des verres ophtalmiques dans l’Hexagone, ndlr). Le dirigeant a annoncé mener une réflexion pour proposer une offre de montures fabriquées en France, « mais le problème est que le verre ne sera jamais français », a-t-il insisté.