2 / 04 / 2020

Alors que le gouvernement a inclus, contre l’avis des syndicats, les magasins d’optique dans la liste dérogatoire des lieux pouvant continuer à accueillir du public, et face à l’absence de mise à disposition de matériels de protection pour les opticiens, les syndicats ont proposé au ministère de la Santé d’organiser un service minimum volontaire de permanence des soins optiques par département, notamment pour les urgences et les personnels soignants (à condition de pouvoir accueillir du public dans le respect des consignes sanitaires).

 

Cette proposition est en cours d’élaboration par la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France), le Rof (Rassemblement des opticiens de France) et le Synom (Syndicat national des centres d’optique mutualistes), en lien avec le Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l’optique). Elle sera communiquée au ministère des Solidarités et de la Santé mercredi 18 mars 2020.

 

Dans un communiqué, les syndicats listent les grands principes de ce service minimum :

–  limitation de l’ouverture des magasins ouverts au public à ceux qui se seraient déclarés volontaires ;

–  limitation de l’activité dans ces magasins ouverts au public à la gestion des cas d’urgence, à savoir : renouvellement des équipements cassés ou perdus, renouvellement des équipements inadaptés uniquement sur nouvelle ordonnance spécifiant le caractère d’urgence, délivrance pour tout personnel soignant dans le cadre du plan Covid-19 ;

– la contactologie étant une activité à risque dans le cadre de la transmission du Covid-19 (manipulation, contact, conjonctivite), il ne sera pas recommandé de délivrer des lentilles de contact et de produits d’entretien, même dans le cas simple d’un renouvellement d’ordonnance. Il sera même recommandé d’inciter toute personne qui souhaiterait renouveler ses lentilles de contact ou son produit d’entretien de porter ses lunettes pendant la période de confinement.

 

Les réfractions devront rester exceptionnelles

Les activités à exclure dans le contexte de la crise sanitaire seraient la délivrance de produits d’entretien pour lentilles et l’adaptation. L’examen de vue doit rester l’exception et se limiter aux cas le nécessitant absolument. L’acte de première intention sera le remplacement à l’identique ou le dépannage de l’équipement cassé / perdu / ou défectueux. Il est précisé que l’ouverture au public serait limitée à quelques heures par jour et par semaine, sur la base d’un planning tournant au sein de la zone considérée. Les syndicats Rof, Fnof et Synom mettraient en place un formulaire de recensement des opticiens volontaires pour assurer ce service minimum. L’opticien-ne volontaire aurait conscience de l’absence de mise à disposition de matériels de protection par le gouvernement et de la nécessité de respecter les consignes sanitaires en cas d’accueil de patients.

 

D’ici là, les organisations professionnelles vous invitent à respecter les consignes émanant du gouvernement, à savoir n’ouvrir les magasins que dans le cas où c’est indispensable, à ne pas entrer en contact avec plus de 5 personnes par jour, à mettre en place les mesures barrières dont la désinfection des montures, verres et matériels, et à limiter vos déplacements personnels. Pour les déplacements domicile-travail, il est conseillé aux employeurs d’établir un certificat pour chacun des collaborateurs concernés par un déplacement, permettant de prouver que ce salarié se rend à son travail ou en revient. Les syndicats vont vous adresser un modèle de justificatif pour vos salariés.

 

Les opticiens éligibles au dispositif d’activité partielle ou de chômage technique

Enfin, concernant les mesures économiques et sociales, les organisations professionnelles attendent la confirmation des mesures fiscales, bancaires, économiques, sociales, etc… annoncées par le président de la République hier soir. La directrice de la Sécurité Sociale leur a indiqué par écrit que « le ministère du Travail confirme que les opticiens sont bien éligibles au dispositif d’activité partielle/chômage technique, alors même qu’ils sont dans le champ des dérogations à l’obligation de fermeture au public, dès lors qu’ils doivent fermer ou, du moins, avoir une activité réduite, que ce soit faute de salariés (contraints de rester chez eux, notamment pour garder leurs enfants) ou faute d’avoir les moyens d’accueillir le public dans des conditions respectant les consignes sanitaires ».