2 / 06 / 2020

Depuis le début du confinement, L’OL [MAG] reste sur le pont et à l’écoute de vos préoccupations. Afin de mieux cerner les pratiques adoptées par la profession face à l’épidémie de coronavirus, une enquête flash* a été lancée mardi 24 mars auprès de nos lecteurs : en moins de 48 heures, plus de 350 opticiens ont répondu à nos questions. Après vous avoir dévoilé les résultats du premier volet, axé sur la fermeture des magasins et l’organisation d’un service minimum, nous publions le second volet, consacré à l’impact de la crise sanitaire sur la santé économique des points de vente.   

 

 

Des inquiétudes surtout sur le plan financier

La plupart d’entre vous ont fermé leur(s) magasin(s) lundi 16 ou mardi 17 mars et ne reçoivent plus de clients, sauf pour certains dans le cadre d’un service minimum. Si la date de fin de confinement reste pour l’heure inconnue, sa perspective inquiète d’ores et déjà la grande majorité de la profession. 91 % des opticiens ayant répondu à notre enquête évoquent des craintes quant à la reprise de leur activité : elles concernent surtout l’aspect économique (pour 74 %), les difficultés pratiques n’étant mises en avant que par 17 %.

 

 

 

6 opticiens sur 10 pensent que la pérennité de leur activité est danger

61 % des sondés estiment que la survie économique du point de vente dans lequel ils travaillent est menacée par la période de confinement. La plupart d’entre eux évoquent une trésorerie fragile (notamment en raison de la mise en œuvre du 100 % santé) qui, associée à une chute importante de revenus et à l’obligation de payer certaines échéances (emprunts, salaires…) durant cette période, peut mettre le magasin en péril. Les 39 % qui, eux, ne craignent pas pour la survie de leur affaire, font état d’une bonne trésorerie, d’une absence de prêt et/ou de charges salariales, ou encore du soutien de leur enseigne. Ils évoquent également le report des ventes et non leur annulation : les lunettes étant un achat contraint, ils estiment que les porteurs qui ne viennent pas pendant le confinement s’équiperont après. Dans de nombreux cas, cet optimisme est tout de même suspendu à la durée du confinement. Pour que ses impacts soient absorbés sans danger pour la survie du magasin, les sondés concernés espèrent une durée de fermeture inférieure à un mois, deux au maximum.

 

 

 

Le chômage partiel, une mesure prisée par les opticiens

Pour soutenir les entreprises ayant dû cesser ou fortement réduire leur activité, le gouvernement a rapidement mis en place tout un éventail de mesures, notamment le chômage partiel dont peuvent bénéficier les opticiens. Cette solution a été fortement adoptée dans le secteur, puisque près de 6 sondés sur 10 déclarent y avoir recours. Un tiers d’entre eux attend le soutien de sa banque, ce qui est d’ores et déjà possible avec les prêts garantis par l’Etat. Plus de la moitié craint en revanche de devoir effectuer des démarches complexes pour bénéficier des différentes aides mises en place et réclame une simplification, que le gouvernement a d’ailleurs déjà initiée via un accès plus simple et global à l’information des chefs d’entreprise.

 

 

 

Délai de reprise de l’activité : les pronostics divergent

En ce qui concerne le temps nécessaire pour que l’activité reprenne son cours normal à l’issue du confinement, 40 % des opticiens ayant répondu à notre enquête affirment n’avoir aucune visibilité. La même proportion juge qu’il lui faudra un ou deux trimestres au moins pour retrouver une vitesse de croisière. Les plus optimistes sont minoritaires : 2 sondés sur 10 anticipent une reprise en quelques semaines tout au plus.