24 / 09 / 2020

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales dédié à la filière visuelle a enfin été publié. Ce document de plus de 100 pages sera la base de réflexion pour les futures évolutions des modes d’exercice, des pratiques et des formations des professionnels de la vision. Décryptage.

 

Dans le but de faire rapidement baisser les délais d’accès aux soins visuels, sans pénaliser leur qualité et leur sécurité, le rapport préconise plus de 25 mesures, pour soutenir la démographie des ophtalmologistes, démultiplier les possibilités de travail aidé en équipe de soins pluriprofessionnelle, confier davantage de responsabilités aux opticiens et aux orthoptistes, ou encore faire évoluer leur formation.

 

Ci-dessous, les principales recommandations susceptibles d’être prochainement traduites dans les textes encadrant la profession d’opticien :

          fixer et élargir la liste des matériels d’exploration non invasifs utilisables par les opticiens-lunetiers et les orthoptistes, en autonomie et sous le contrôle des ophtalmologistes ;

        élargir la télé-expertise aux relations entre ophtalmologiste et orthoptiste et/ou opticien-lunetier

        lancer des campagnes d’information annuelles sur la possibilité de renouvellement par les opticiens et les orthoptistes

          ajouter sur les ordonnances de verres correcteurs la mention de la possibilité du renouvellement des équipements par les opticiens-lunetiers et les orthoptistes

          autoriser les opticiens-lunetiers et les orthoptistes à communiquer en dehors de leur magasin et de leur cabinet sur la possibilité offerte par la réglementation de renouvellement des équipements

          élargir de deux ans la période de validité des ordonnances de verres correcteurs pour les jeunes adultes (16 à 42 ans), avec rappel de l’obligation d’informer le médecin prescripteur en cas d’adaptation

         autoriser les opticiens-lunetiers et les orthoptistes à adapter au patient les primo-prescriptions en cas d’erreur manifeste ou d’inconfort, avec obligation d’informer le prescripteur

         instaurer un dispositif de règles et de sanctions professionnelles pour les opticiens-lunetiers

         organiser des contrôles par les ARS et les CPAM des différents acteurs de la filière visuelle pour garantir une égalité de tous devant la loi

         si les mesures proposées ne permettent pas d’améliorer significativement la situation avant la fin de l’année 2021, autoriser la primo-prescription des verres correcteurs par les opticiens-lunetiers et les orthoptistes, pour les 16-42 ans avec une faible correction de la vision

          créer une pratique avancée en matière visuelle pour la prise en charge du suivi de patients atteints de pathologies complexes et/ou évolutives

         créer une licence de santé visuelle dans le cadre d’une expérimentation, avec deux parcours (orthoptie et optique de santé) et des mentions de spécialisation pour les opticiens et les orthoptistes, ainsi qu’un dispositif de passerelle pour les actuels opticiens-lunetiers

         créer un master (bac + 5) de pratique avancée santé visuelle, ouvert aux orthoptistes et opticiens-lunetiers (de niveau bac + 3)

         faire évoluer les formations master à bac + 5 d’optométrie vers des masters d’optique appliquée aux matériels et aux équipements

 

Ces différentes préconisations ont vocation a être étudiées et débattues par les organisations professionnelles de la filière. Ces travaux, dont le calendrier n’est pas encore défini, pourraient déboucher sur un projet de loi dédié à l’organisation de la filière de santé visuelle. Les mesures décidées pourront également être intégrées dans le prochain PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), qui sera voté à l’automne.