22 / 10 / 2020

Krys Group, Optic 200 et Lissac se sont récemment positionnés sans ambages pour la mise en œuvre rapide des recommandations du rapport Igas sur la filière de santé visuelle, qui préconise, entre autres, de rallonger la validité des ordonnances de verres correcteurs et d’autoriser les opticiens à adapter les primo-prescriptions.

 

Le 30 septembre, Krys Group (qui réunit les enseignes Krys, Lynx Optique et Vision Plus) a organisé une table ronde parlementaire sur la télémédecine et l’accès aux soins visuels dans les territoires, avec André Balbi, président du Rof (Rassemblement des opticiens de France) et 15 élus. Le but de cette rencontre était d’échanger sur des propositions concrètes, sur la base des recommandations de l’Igas. « A quelques jours de la présentation du PLFSS 2021 à l’Assemblée, Krys Group affirme son soutien sans réserve à l’intégralité de ce rapport et appelle, aux côtés du Rassemblement des Opticiens de France, à la mise en place des mesures préconisées sans plus attendre », explique la coopérative, en rappelant que le problème d’accès aux soins visuels s’aggrave, le confinement ayant été « à l’origine d’un déficit de prescriptions qui pourrait atteindre 3 millions à la fin de l’année ».

 

40 % des rendez-vous chez l’ophtalmologiste pourraient être libérés

Krys Group soutient ainsi le Rof dans ses actions pour le développement des délégations de tâches. Tout en maintenant un système ophtalmo-centré garant de la qualité de la filière, le syndicat appelle à mettre en œuvre les réformes pouvant entrer rapidement en vigueur, comme l’autorisation des opticiens et des orthoptistes à communiquer en dehors de leur magasin ou cabinet sur la possibilité de renouveler les équipements optiques, d’adapter les primo prescriptions en cas d’erreur manifeste ou d’inconfort, ainsi que l’élargissement de deux ans de la période de validité des ordonnances de verres correcteurs pour les porteurs de 16 à 42 ans. Krys Group, comme le Rof, souhaite également que le recours à la télémédecine en ophtalmologie soit favorisé, notamment dans les zones sous-denses. « Pour cela, la recommandation n°12 du rapport de l’Igas qui vise à fixer et élargir la liste des matériels d’exploration non invasifs utilisables par les opticiens lunetiers et les orthoptistes en autonomie et sous le contrôle des ophtalmologistes doit être mise en œuvre sans délai », affirme la coopérative. « La délégation de compétences des opticiens ouvrirait la voie à une généralisation des protocoles qui pourrait prendre en charge jusqu’à six millions de patients et libérer environ 40 % des rendez-vous demandés chez l’ophtalmologiste en première intention », ajoute-t-elle.

 

Le groupe Optic 2000 invite le gouvernement à agir vite

Dans un récent communiqué, Optic 2000 et Lissac, également membres du Rof, ont salué elles aussi les recommandations de l’Igas. Elles partagent les constats du rapport : temps médical mal employé, insuffisance des récentes réformes, exploitation lacunaire de la complémentarité des « 3 O »… Les deux enseignes déclarent soutenir depuis longtemps, avec le Rof, la mise en place des mesures recommandées, comme l’élargissement de la liste des actes pouvant être réalisés par l’opticien, l’information du public sur les attributions des différents professionnels de la santé visuelle, l’augmentation de la durée de validité des ordonnances, ou encore l’accélération de la réforme des formations des opticiens et orthoptistes pour une meilleure complémentarité… Les deux réseaux appellent ainsi les pouvoirs publics à les mettre en place au plus vite.