29 / 11 / 2020

Lors d’une conférence de presse le 16 octobre dernier, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) est revenu sur le rapport de l’Igas sur la filière visuelle avant de dévoiler les résultats d’une nouvelle étude sur les délais de rendez-vous chez les ophtalmologistes.

 

Covid-19 : pas de chamboulement en ophtalmologie

Avant toute chose, revenant sur l’avancée de la deuxième vague de Covid-19, Thierry Bour, président du Snof, a indiqué que le confinement et la première vague « n’ont pas aggravé la situation comme certains le craignaient. Les ophtalmologistes ont su s’adapter. Il semble cependant que la pandémie crée une tension pour les RDV nécessitant une prise en charge rapide. » Malgré la crise sanitaire, 60 % des cabinets sont restés ouverts et 80 % des ophtalmologistes ont maintenu l’accueil des urgences. Seulement deux semaines après la fin du confinement, près des deux tiers des spécialistes avaient retrouvé entre 60 % et 100 % de leur activité et 70 % d’entre eux avaient déjà retrouvé une équipe au complet.

 

Igas : « Non à la confusion des genres »

Si le Snof se félicite des mesures « qui visent à soutenir la démographie médicale et à développer le travail en équipe au sein des cabinets », il critique des mesures qui représentent « un risque certain pour l’avenir de la filière », notamment celles où interviennent les opticiens :

  • « La confusion constamment introduite entre les compétences des opticiens et des orthoptistes, deux professions aux missions profondément différentes et complémentaires, l’une évoluant clairement dans un champ commercial soutenu fortement par la publicité, l’autre dans le soin.
  • Le cumul prescription-vente, qui doit continuer à être fermement exclu. Les délégations vers les opticiens dans le cadre des renouvellements d’ordonnances de lunettes et de lentilles de contact ont par ailleurs été renforcés récemment avec le 100% Santé, elles doivent d’abord être utilisés à leur plein potentiel.
  • La promotion de la télémédecine dans les magasins d’optique. »

De manière plus globale, le Snof met en doute une chute brutale de la démographie des ophtalmologistes, comme l’indique le rapport, « en faisant craindre une contraction de l’offre de soins en ophtalmologistes ».

 

Des délais d’attente à la baisse, mais de fortes disparités entre les régions

Bonne nouvelle pour les patients, une nouvelle enquête réalisée par le CSA pour le Snof « confirme la baisse continue des délais de RDV en ophtalmologie à l’échelle nationale depuis 2017 ». Si différents motifs de rendez-vous ont été étudiés (urgent ou non), et modes de communication (par téléphone ou sur Internet), en moyenne le délai d’attente est de 51 jours dans l’Hexagone. 8 des 13 régions affichent une réduction des délais, notamment celles où ils étaient particulièrement longs en 2019 : la Bretagne (-79 jours), la Normandie (- 45 jours), le Centre-Val de Loire (- 34 jours), l’Occitanie (- 6 jours). Cependant deux régions affichent des résultats en hausse : Bourgogne- Franche-Comté (+ 60 jours) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 12 jours).