23 / 01 / 2021

Suite au rapport Igas qui préconise, entre autres, d’élargir les prérogatives des opticiens pour améliorer l’accès à la santé visuelle, le Rof (Rassemblement des opticiens de France) a commandé un sondage à Ipsos, qui montre l’adhésion des Français à ces recommandations.

 

Selon l’enquête menée par Ipsos auprès de plus de 2 000 Français*, 80 % d’entre eux font confiance à leur opticien ou leur orthoptiste pour réaliser un examen de la réfraction. Mais un tiers ne savent pas que l’un ou l’autre peuvent renouveler les lunettes dans certaines conditions. Ainsi, plus de 8 sondés sur 10 jugent utiles la réalisation de campagnes d’information autour de ce dispositif. En ce qui concerne les recommandations de l’Igas, une forte majorité des Français se prononcent pour l’assouplissement du cadre réglementaire actuel :

 

  • 87 % sont favorables à ce que les opticiens et les orthoptistes puissent participer à des campagnes institutionnelles de dépistage des troubles de la vision dans les écoles ;
  • 82 % sont favorables à ce que l’opticien puisse ajuster la correction d’un équipement sans qu’il soit nécessaire d’obtenir une nouvelle ordonnance en cas d’inconfort visuel ;
  • 75 % sont favorables à ce qu’un opticien puisse réaliser des examens de vue en dehors du magasin (à domicile, en Ehpad, etc.) ;
  • 69 % sont favorables à un allongement de deux ans de la durée de leur ordonnance durant laquelle un opticien ou un orthoptiste peut renouveler leurs lunettes ;
  • 64 % sont favorables à ce que l’opticien ou l’orthoptiste puissent délivrer une ordonnance à la place de l’ophtalmologiste.

 

Les Français soutiennent en outre la possibilité de se rendre dans un magasin d’optique pour bénéficier d’une consultation à distance par un ophtalmologiste (ce que le Conseil national de l’Ordre des médecins avait jugé possible en 2018, « à la condition que ces téléconsultations soient assurées dans l’espace de confidentialité aménagé dans les locaux commerciaux ») : 68 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à ce que les prises de mesures nécessaires à une téléconsultation ophtalmologique se déroulent chez un opticien, alors même que les prescripteurs sont farouchement opposés à cette pratique. Ces personnes considèrent à part égale le fait que l’ophtalmologiste assiste à la prise de mesure par l’opticien et réalise ensuite le diagnostic médical en direct (43 %) ou que l’ophtalmologiste réalise le diagnostic en différé après transmission des prises de mesure faites par l’opticien (40 %).

 

Fort de ces résultats, le Rof invite les pouvoirs publics à mettre en œuvre les recommandations de l’Igas, dès le premier trimestre 2021. « Le gouvernement a repoussé à la fin de l’année ses décisions quant à l’application de ce rapport en raison de la crise Covid-19. Cette étude démontre l’adhésion des Français aux mesures proposées et leur volonté d’amélioration rapide de leur accès aux soins visuels », argumente le syndicat, en regrettant que le PLFSS 2021 n’intègre aucune des recommandations.

 

*Enquête réalisée auprès de 2 111 Français âgés de 16 ans et plus, constituant un échantillon national représentatif de la population française, interrogés en ligne du 12 au 16 octobre 2020.