24 / 10 / 2021

2020 n’aura pas été catastrophique sur tous les fronts. Les défaillances d’entreprises ont connu cette année-là une baisse impressionnante, y compris dans notre secteur. Cependant la fin des aides gouvernementales, mises en place lors du premier confinement, inquiètent les entrepreneurs compte tenu de la situation sanitaire et économique qui est encore loin d’un retour à la normale.

 

Comme à son habitude, le groupe Altares a publié les chiffres des défaillances d’entreprises pour le 4èmetrimestre 2020 et donc pour l’année entière. Par rapport à 2019, le nombre de défaillances s’établit à 32 184, soit un recul de 38,1 %, pour atteindre son plus bas niveau depuis. 1987. S’ils déjouent les pronostics les plus alarmistes, ces chiffres sont pourtant à prendre avec des pincettes car les mesures gouvernementales prises au printemps et avant l’été « pour permettre aux entreprises de tenir, notamment le gel de la date des cessations de paiement dès la mi-mars, ont « protégé » les entreprises de la faillite jusqu’à la fin de l’été », explique Altares. Autre fait à prendre en compte : lorsque le pays est en confinement généralisé, de nombreuses procédures sont retardées, ce qui mathématiquement fait chuter les statistiques annuelles.

Pour Thierry Millon, directeur des études Altares, « 2020 restera gravée dans les annales comme l’une des plus graves crises sanitaires et économiques que le monde ait connu, faisant plonger le PIB de notre pays de 9 % en quelques mois. Et pourtant, « seulement » 32 184 entreprises (- 38,1 %) ont sollicité et obtenu l’accompagnement du tribunal de commerce ou judiciaire cette année. Des chiffres d’un autre temps puisqu’il faut remonter à 1987 pour retrouver de tels niveaux. 32 184 défaillances, c’est 20 000 procédures de moins qu’en 2019. 20 000 entreprises qui auraient « échappé » au dépôt de bilan et pourraient finalement être rattrapées en 2021 pour rejoindre les rangs de milliers d’entreprises qui sortent exsangues de cette année noire. Ces chiffres ne doivent pas non plus faire oublier les plus de 130 000 emplois menacés après les dépôts de bilan de grands noms de l’habillement qui n’ont pas survécu à la crise (La Halle, Camaïeu, etc.). L’enjeu 2021 sera de réveiller progressivement l’économie de sorte à permettre aux entreprises viables de se développer et aux tribunaux de proposer aux entreprises fragilisées voire terrassées par la Covid-19 la meilleure solution de sortie ou de rebond. » Le spécialiste s’attend donc à une forte augmentation des défaillances cette année et plus encore en 2022, avec un risque de défaut de paiement accru en raison de l’arrêt des aides de l’État et un effet domino pour les fournisseurs.

 

L’optique recule aussi

Comme tous les autres secteurs, l’optique a connu également en 2020 une baisse des défaillances d’entreprises. 44 redressements judiciaires et 9 liquidations judiciaires, soit 53 défaillances ont été prononcées sur l’année contre 100 en 2019, 128 en 2018 et 114 en 2017. Le dernier trimestre reste sur un taux stable de 13 défaillances contre 15 en T3, 11 en T2 et 14 en T1,  mais marque tout de même un net recul par rapport au dernier trimestre 2019 qui comptabilisait alors 29 défaillances.