4 / 03 / 2021

Dans un communiqué, l’UFC-Que Choisir pointe à nouveau du doigt la flambée des cotisations en 2021 et l’opacité persistante des contrats. La Mutualité publie de son côté une étude qui montre que les tarifs des mutuelles ne font que suivre l’évolution des dépenses de santé.

 

Sur la base d’avis d’échéance 2020 et 2021 recueillis à l’issue d’un appel à témoignage, l’UFC-Que Choisir a étudié 623 contrats individuels de 123 organismes. Leur analyse a mis en évidence une inflation médiane de 4,3 % cette année, soit trois fois plus que l’augmentation du pouvoir d’achat espérée par les Français, après des hausses de 4 % en 2019 et 5 % en 2020. « Cette augmentation pèse lourd, en période de crise, sur le budget des ménages, puisqu’elle correspond à un surcoût annuel médian de 79 euros, qui dépasse même les 200 euros pour près d’un assuré sur cinq », regrette l’association. Bien sûr, il s’agit d’une moyenne, qui cache de fortes disparités : si l’augmentation est inférieure à 3 % chez Muta Santé, Pro BTP, la Mutuelle Générale et la MNH, elle atteint environ 7 % chez Adrea Mutuelle, Klesia, Swiss Life et Malakoff Humanis. Pour l’UFC-Que Choisir, les organismes qui affichent les inflations les plus importantes n’ont aucune excuse : « les hausses les plus marquées ne sauraient être justifiées par l’environnement s’imposant aux complémentaires (déploiement final du 100 % santé depuis le 1er janvier, mise en place d’une taxe Covid d’un milliard d’euros en 2021, pour compenser les 2,2 milliards d’euros économisés sur leurs remboursements en raison de l’épidémie de Covid-19), puisqu’il s’applique également aux complémentaires les plus vertueuses. Tout laisse donc à penser que certains organismes ont délibérément choisi de répercuter sur les assurés la taxe Covid, alors même que son montant est inférieur aux économies réalisées ! »

 

L’UFC-Que Choisir demande au gouvernement un encadrement plus strict

Au-delà de la question tarifaire, l’association de consommateurs critique encore et toujours le manque de lisibilité des garanties qui freine les possibilités de résiliation infra-annuelle des contrats, ouvertes depuis le 1er décembre. En effet, deux tiers des 15 grands organismes dont les devis ont été étudiés persistent à utiliser des pourcentages supérieurs à 100 % pour les garanties en dentaire ou en audiologie au lieu de les exprimer en euros, onze organismes ne distinguent pas leurs remboursements de ceux de la Sécurité sociale et un tiers des Ocam ne propose pas de tableaux d’exemples de remboursements en euros. « Comment dans ces conditions considérer que les consommateurs sont en mesure de pleinement faire jouer la concurrence, et d’être ainsi les régulateurs du marché ? », questionne l’UFC-Que Choisir, qui interpelle une nouvelle fois le gouvernement sur ces sujets : l’organisation lui demande d’encadrer par la réglementation la comparabilité et la lisibilité des offres d’assurance complémentaire, d’assurer une meilleure transparence sur les frais de gestion, avec une information sur le taux de redistribution disponible sur le site Internet des complémentaires (en plus des documents déjà concernés par la publication des ratios), et de permettre l’accès aux contrats et tarifs des complémentaires sans avoir à renseigner des informations personnelles (numéro de téléphone, courriel, etc.).

 

Les mutuelles se défendent

Comme une réponse à cette nouvelle attaque, la Mutualité Française publie également ce jour une étude sur l’évolution des cotisations 2021 de ses mutuelles adhérentes (alors que l’enquête de l’UFC-Que Choisir concerne toutes les familles de complémentaires et inclut les assurances et les institutions de prévoyance). Celle-ci révèle que, pour les acteurs concernés, la hausse moyenne des cotisations est de 2,6 % par rapport à 2020. Elle « s’inscrit dans l’augmentation moyenne annuelle des dépenses de santé des mutuelles observée sur les 10 dernières années. Cette étude constate également que parmi les mutuelles participantes (au nombre de 32), 1 sur 5 n’augmente pas ses cotisations en 2021 ». La Mutualité explique l’évolution des cotisations par celle des dépenses de santé estimées pour 2021, qui seront amplifiées par un rattrapage des soins. Elle « tient compte également de l’année 2020, où les moindres dépenses de santé du fait du Covid ont été compensées par la taxe mise en place par le gouvernement ». La Mutualité souligne également que, en 10 ans, les Ocam ont augmenté leurs remboursements aux adhérents de 29 % et qu’en 2019, les mutuelles leur ont reversé 79 % de leurs cotisations (hors taxe) sous forme de prestations (hors frais de gestion des sinistres), contre 75 % pour les sociétés d’assurance. « Pour l’ensemble des organismes, la part des cotisations couvrant les charges de gestion s’établit à 20 %, alors que cette part descend à 19 % pour les mutuelles. De plus, pour la 2e année consécutive, les mutuelles ont vu leurs frais de gestion baisser de 1,4 % en 2019 », insiste la Mutualité.

 

Enquête Mutualité française cotisations mutuelles 2021