4 / 03 / 2021

Selon les données récoltées et étudiées par Carte Blanche Partenaires, la baisse du plafond de remboursement des montures associée à la réforme a fait grimper les restes à charge des bénéficiaires de quelque 8 millions d’euros entre 2019 et 2020.

 

Carte Blanche Partenaires a analysé 2 millions de prises en charge en optique et dentaire réalisées au sein de son réseau en 2019 et 2020. L’année dernière, 7,2 % des prises en charge optique ont été issues du panier 100 % santé et les offres dite « panachées » (monture de classe A et verres de classe B ou inversement) représentent plus d’1 cas sur 2. « Concrètement, pour un porteur de lunettes le choix d’un équipement optique reste un achat lié principalement à la monture et non au choix des verres », explique la plateforme, en soulignant que ce phénomène s’est accompagné d’une modification de la structure des prix en cas de reste à charge :

 

pour les équipements avec une monture inférieure à 30 €, le prix moyen d’achat des montures a augmenté de 6 € (25 %) pour atteindre quasiment le plafond des 30 €. Le prix moyen des verres a augmenté de 20 %. Cette augmentation s’explique par un recours au panier A à plus de 72 % dans cette catégorie, ce qui a permis à des assurés d’être intégralement remboursés, alors qu’avant la mise en place de la réforme, leur niveau de remboursement ne le permettait pas. Les équipements les moins chers étant pris en charge intégralement, seuls les équipements plus chers restent à charge. Cela fait mécaniquement augmenter la moyenne de prix des équipements achetés avec des restes à charge.

– pour les équipements avec une monture comprise entre 30 € et 100 €, le prix moyen des montures et celui des verres ont augmenté de 6 %.

– pour les équipements avec une monture supérieure à 100 €, le prix moyen des montures comme celui des verres est resté le même.

 

« Le reste à charge des bénéficiaires ayant opté pour un achat dans le panier libre a augmenté de 8 millions d’€, passant de 119 millions d’€ en 2019 à 127 millions d’€ l’an passé, à cause de la baisse du plafond de remboursement de la monture, celui-ci passant de 150 € à 100 €. Il est donc légitime de se demander si l’objectif du ‘sans reste à charge’ est atteint pour tous par la réforme, tout du moins en optique, indique Carte Blanche. De fait, en prenant en compte l’ensemble des équipements sans reste à charge, y compris ceux du panier 100 % santé, une diminution du nombre d’équipements sans reste à charge est constatée :  en 2019, la part des équipements sans reste à charge était de 23 %, elle est de 15 % en 2020. »

 

Le réseau ne perd cependant pas de vue le but initial de la réforme, qui est de faciliter l’accès aux soins des personnes qui y renoncent faute de moyens. Et, sur ce point, elle semble avoir atteint son objectif. « Comme le montre l’évolution du reste à charge moyen par tranche de prix de monture (voir tableau ci-dessous), les grands gagnants de la réforme sont les personnes qui ont volontairement choisi des montures dont le prix est inférieur à 30 €, donc à priori les personnes ayant le plus faible pouvoir d’achat, leur reste à charge global ayant baissé de 35 % », précise la plateforme. Une légère baisse des restes à charge est observée chez ceux ayant choisi des montures entre 30 et 100 €. En revanche, il augmente fortement au-delà de 100 € en raison de la baisse de plafond de remboursement de la monture.

 

évolution des restes à charge en optique entre 2019 et 2020 Carte Blanche