4 / 03 / 2021

Vendredi 5 février, à l’occasion d’une conférence de presse, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) est revenu sur le développement du travail aidé dans les cabinets et formulé ses diverses demandes aux pouvoirs publics. Parmi elles, l’instauration d’un « dispositif de règles et de sanctions professionnelles pour les opticiens-lunetiers et les orthoptistes ». Pour ces derniers, il s’agit d’une « tentative de domination ».

 

Pour continuer à développer le travail aidé dans la filière, réduire les délais de rendez-vous et améliorer l’accès aux soins, le Snof demande aux pouvoirs publics de s’engager dans cinq chantiers prioritaires pour l’année à venir :

– appliquer les préconisations de la mission Igas-IGESR sur la démographie des ophtalmologistes et leur répartition,

– développer l’exercice médical multisites,

– créer un protocole de coopération national aux limites claires entre ophtalmologistes et orthoptistes,

– définir pour la télémédecine ce qui relève de la téléconsultation, de la télé-expertise et des relations à distance entre orthoptistes et ophtalmologistes,

– instaurer un dispositif de règles et de sanctions professionnelles pour les opticiens-lunetiers et les orthoptistes, à l’instar des orthophonistes. « C’est un minimum pour des professions réglementées agissant dans le domaine de la santé », insiste le Snof.

 

Les orthoptistes ne sont « ni des enfants, ni des vassaux »

Cette cinquième proposition déclenche une très vive réaction du SNAO (Syndicat national autonome des orthoptistes), qui la voit « au mieux comme une erreur grossière de communication au pire comme un casus belli ». Dans un communiqué, le syndicat explique que sa profession a bien conscience de l’existence de dérives, notamment dans les centres de santé, mais rappelle ne s’être « jamais permis d’exposer publiquement les dérives qui existent aussi dans certains cabinets ophtalmologiques (détournements des cotations orthoptiques pour augmenter le coût des consultations, emploi des secrétaires pour effectuer des actes techniques de la compétence des orthoptistes ou autres entorses répétées aux règles et circulaires en vigueur …) ». Pour le SNAO, ces pratiques provoquent une augmentation du volume des cotations des orthoptistes qui« enrichit plus les ophtalmologistes employeurs que les employés orthoptistes ».

 

L’organisation présidée par Laurent Milstayn voit ainsi dans la proposition du Snof « une tentative inconsciente (ou consciente) de domination par infantilisation ». Elle explique aux ophtalmologistes, n’être « ni leurs enfants, ni leurs vassaux » mais travailler avec les prescripteurs « dans un processus de partenariat réciproque pour le bien de la filière visuelle et de la santé visuelle de la population. Les représentants de la profession sont tout à fait capables de travailler avec les directions administratives concernées pour mettre en place les règles professionnelles de l’orthoptie sans que qui que ce soit ne vienne parler en leur nom », conclut le communiqué en rappelant le contenu de l’article L4342-1 du code de la santé publique, selon lequel « l’orthoptiste exerce son activité en toute indépendance et en pleine responsabilité ».