17 / 05 / 2021

Jugés essentiels lors des deux confinements, les magasins d’optique sont désormais obligés de baisser le rideau à 18h et ceux situés dans des centres commerciaux ont interdiction de recevoir du public. Dans un communiqué, le Rassemblement des opticiens de France demande aux pouvoirs publics de revenir sur ces choix.

 

« Santé visuelle des Français : pour le gouvernement, c’est accessoire ! », s’agace le Rof. Pour pouvoir assurer la permanence des soins optiques, le syndicat propose au gouvernement que le protocole sanitaire mis en place, « qui donnait déjà satisfaction sur le plan de la sécurité, soit renforcé si nécessaire ».

 

L’organisation rappelle que le premier confinement, durant lequel la plupart des magasins étaient fermés faute de matériels de protection, avait été marqué par le report de plus de deux millions d’ordonnances de lunettes. « Il est primordial pour chaque Français de maintenir son programme de consultation chez son ophtalmologiste, et encore plus pour les patients qui ont des affections qui nécessitent un suivi régulier de leur vision. Or si le gouvernement maintient sa décision de restreindre fortement les capacités d’accueil des opticiens, ceux-ci ne pourront pas contribuer à alléger les files de rdv chez les ophtalmologistes notamment pour les ‘simples’ renouvellements d’ordonnances. Avec le couvre-feu à 18h et la fermeture des magasins d’opticiens dans les centres commerciaux, le gouvernement met ainsi en danger la santé visuelle des Français, dans un contexte où la filière est déjà en difficulté pour garantir à tous un parcours de prise en charge adapté à tous les besoins (cf. rapport IGAS IGESR, septembre 2020). »

 

Pour le Rof, ces obligations de fermeture sont en outre totalement incompréhensibles sur le plan sanitaire et juridique, notamment compte tenu du statut de commerce essentiel attribué auparavant aux opticiens. Il estime que « les décisions ont été prises de manière brutale sans aucune discussion avec la profession, alors même que la Direction générale de la santé continue à inclure les opticiens dans les professionnels de santé concernés par la vaccination, la dotation en matériels de protection ou la permanence des soins ». Le syndicat juge que la fermeture des magasins d’optique n’apporte rien à la lutte contre l’épidémie, puisque depuis le printemps 2020, le protocole sanitaire basé sur l’accueil en magasin a montré son efficacité, aucun cluster de contamination n’étant né dans un magasin d’optique. « Par ailleurs, le décret du 30 janvier 2021 remet en cause, sur le plan juridique, la liberté de choix de son professionnel de santé par le patient. Or cette différence de traitement des magasins d’optique par rapport aux autres professionnels de santé n’étant aucunement justifiée par une différence de situation objective, elle est susceptible de caractériser une violation du principe d’égalité et de liberté de choix du patient », conclut le Rof.