24 / 10 / 2021

Le père du premier progressif, qui a défié les lois de la physique pour mettre au point l’un des produits les plus révolutionnaires de notre secteur, nous a quitté à l’âge de 94 ans.

 

Né en 1926, Bernard Maitenaz a été diplômé de l’École nationale supérieure d’arts et métiers en 1943 et de l’Institut d’Optique Graduate School en 1947. Entré chez Essel en 1948 comme ingénieur d’études, il en devient chef des services d’études en 1951 et directeur technique en 1953. C’est en 1959 qu’il invente le verre progressif Varilux, défiant les lois de la physique en vigueur jusque-là dans le domaine de l’optique.

 

« Très tôt, j’avais été choqué par le contraste entre la discontinuité d’un verre bifocal, et la merveilleuse continuité de l’accommodation qu’il doit remplacer. Cette rupture de l’image par la fenêtre de vision de près, en plein centre du champ, me paraissait un contre-sens. Et il me semblait qu’une solution continue serait beaucoup mieux adaptée. J’étais ingénieur «mécanicien» mais aussi ingénieur «en optique». Cette double formation me conduisait à penser qu’une solution était possible : l’ingénieur opticien pouvait calculer une surface progressive et l’ingénieur mécanicien pouvait construire les machines spéciales pour les réaliser. Mais ce projet contredisait les principes de l’époque », avait-il expliqué il y a quelques années dans une interview réalisée pour Essilor.

 

En 1966, il devient directeur du département industriel du groupe en 1966. Six ans plus tard, en 1972, Essel fusionne avec Silor pour former Essilor. Bernard Maitenaz devient cette même année directeur R&D, un poste qu’il occupera jusqu’en 1979, avant d’être nommé directeur général puis PDG jusqu’en 1991. Il restera par la suite président d’honneur de l’entreprise.

 

L’inventeur était également Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre national du Mérite et membre de l’Académie des technologies.

L’OL [MAG] adresse à sa famille et à tous ses proches ses plus sincères condoléances.