15 / 04 / 2021

Lors d’une conférence organisée le 4 mars par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) et relayée par l’AFP, Franck von Lennep, directeur de la Sécurité sociale, a indiqué que les résultats de la réforme sont, dans notre secteur, en-deçà des attentes. La DGCCRF mène l’enquête pour s’assurer que les opticiens jouent bien le jeu.

 

Franck von Lennep a indiqué qu’environ 14 % des verres et 12 % des montures optiques étaient à ce jour vendus dans le cadre du 100 % santé. « On peut en attendre encore un peu plus », a-t-il déclaré et ce, même « s’il peut y avoir des lunettes sans reste à charge en dehors du 100% santé ». Les intervenants ont mis en cause l’implication des opticiens dans cette réforme. Albert Lautman, directeur général de la Mutualité française, a douté que « cette offre soit correctement mise en avant », en indiquant que, chez les opticiens mutualistes, le Rac 0 concerne 20 % des ventes. Du côté des patients, même son de cloche : « nous avons des remontées négatives sur des pratiques de dénigrement chez certains opticiens où le 100% santé est assimilé à une offre bas de gamme », a souligné Marianick Lambert, membre du bureau de France Assos Santé, également présente à cette rencontre.

 

Les pouvoirs publics souhaitent que la réforme prenne davantage d’envergure en optique. Afin de s’assurer que les professionnels jouent le jeu, la DGCCRF a débuté fin 2020 une enquête dans les magasins d’optique et les centres d’audioprothèse. Selon Franck von Lennep, ces contrôles visent des centaines de points de vente, mais leur objectif n’est pas « d’aboutir immédiatement à des sanctions ».

 

Notons que, du côté des dentistes, 53 % des prothèses dentaires ont été délivrées dans le panier 100 % santé en décembre et 21 % dans le panier « reste à charge modéré », ce qui, pour le directeur de la Sécurité sociale, est « dans la cible ». En audioprothèse, où la réforme est intégralement mise en œuvre depuis janvier, « il est trop tôt pour avoir des chiffres ». Les premières tendances seraient cependant positives, avec une forte hausse du taux de recours en janvier.