21 / 10 / 2021

Suite aux récentes informations pointant du doigt la faible implication de la profession dans la mise en œuvre de la réforme, le Rof (Rassemblement des opticiens) dit « stop aux attaques infondées ».

 

La semaine dernière, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), le directeur de la Sécurité sociale Franck von Lennep a critiqué le faible taux de recours des Français au 100 % en optique (14 % des verres et 12 % des montures), en soulignant qu’une enquête de la DGCCRF est en cours pour vérifier la bonne application de la réforme dans les magasins. Cette annonce, largement reprise par la presse grand public, a suscité les foudres du Rof.

 

Dans un communiqué, le syndicat affirme que, en 2020, 18 % des équipements vendus (soit 2,5 millions) ont été délivrés dans le cadre du 100 % santé, ce qui montre que le « 100 % santé a trouvé sa clientèle et cela grâce à l’engagement des opticiens dans la promotion du dispositif », malgré « des bugs d’ampleur dus aux dysfonctionnements des mutuelles et de l’assurance maladie », auxquels s’est ajoutée la baisse d’activité liée à la crise sanitaire et au report des consultations ophtalmologiques. « Avec un taux de délivrance aux alentours de 18 %, tandis que le ministère de la Santé en attendait officieusement entre 15 et 20 %, les opticiens ont ainsi parfaitement rempli leur mission. Grâce à eux, c’est 500 000 personnes qui auraient renoncé aux soins sans le 100 % santé et qui ont pu en 2020 s’équiper d’une lunette sans reste à charge », explique le Rof. L’organisation met en avant le travail de préparation mené par la filière en 2019, pour que les produits du panier A soient présents dans les points de vente et que les devis normalisés y soient mis en œuvre.

 

« Toutes ces actions des opticiens ont été réalisées sans aucune campagne nationale d’information du gouvernement, qui pour des raisons budgétaires, n’a quasiment rien investi pour faire connaitre cette réforme aux Français. Face aux questions légitimes des Français, notamment sur la baisse du remboursement sur les verres et les montures liée à cette réforme, ce sont les opticiens qui ont dû et su faire œuvre de pédagogie ». Alors qu’une enquête de la DGCCRF portant sur la conformité de délivrance des équipements 100 % santé est en cours dans les magasins d’optique et les centres d’audioprothèse, le syndicat estime qu’il « serait sage ainsi d’en attendre les résultats avant de s’aventurer à jeter le blâme sur l’ensemble d’une profession ».

 

Le Rof critique également l’inertie du gouvernement sur la question de l’accès aux soins visuels : « le récent rapport rendu par une mission Igas et qui ouvrait des pistes intéressantes (…) est pour le moment resté lettre morte ». Il craint que ce dossier « soit une des politiques publiques oubliées de ce quinquennat, sans que cela ne suscite la moindre réaction de la part des associations de patients » qui ont elles aussi évoqué (par la voix de France Assos Santé) des pratiques de dénigrement du 100 % santé par certains opticiens.