11 / 04 / 2021

Interrogé par le sénateur Xavier Iacovelli, élu des Hauts-de-Seine, sur l’origine étrangère des produits de l’offre Rac 0, le ministre de la Santé Olivier Véran a botté en touche, se contentant de rappeler l’impact positif de cette réforme sur l’accès aux soins et vantant la qualité des équipements proposés. Prépare-t-il le terrain a un éventuel quota obligatoire du 100 % santé pour les opticiens ?

 

Lors d’une récente séance des questions d’actualité au gouvernement, Xavier Iacovelli a loué l’objectif du 100 % santé, qui permet, dans les trois secteurs concernés (optique, audioprothèse et dentaire), qu’un « nouveau public accède désormais à des produits sans reste à charge » et ce, « tout en préservant la clientèle existante ». Le sénateur a cependant rappelé que le « Président de la République fait du made in France en matière de santé une priorité absolue » pour « soutenir davantage nos PME françaises, mais également faciliter les approvisionnements et les rendre plus responsables ».

Faisant allusion à l’origine étrangère des produits des paniers 100 % santé qui, de par leur faible coût, ne peuvent pas être fabriqués en France, l’élu a ajouté que la défense de la souveraineté sanitaire de notre pays doit passer par « un soutien à la production française de ces dispositifs médicaux qui sont désormais parfois le quotidien des Français ». Il a suggéré de créer « un label visant à mieux informer nos concitoyens et à les éclairer dans leurs choix », en demandant à Olivier Véran « comment rendre cette réforme plus lisible pour que les Français s’en saisissent pleinement tout en favorisant la production française et en soutenant nos PME ? »

 

Le gouvernement veut augmenter le recours au 100 % santé

Pour toute réponse, le ministre de la Santé est revenu sur les modalités de la réforme et son succès, en citant l’exemple du dentaire : « Les résultats sont déjà au rendez-vous : malgré la crise sanitaire, 48 % des prothèses dentaires posées entre janvier et septembre 2020 sont incluses dans le panier 100 % santé sans reste à charge pour les Français. » Sur le sujet de l’origine des produits, il a déclaré que « parmi les prothèses proposées, certaines sont d’origine française ». Sans évoquer le lieu de fabrication des verres du panier A, il a souligné que ceux-ci sont traités anti-rayures, antireflets et amincis. « Il ne s’agit absolument pas de matériel low cost ou au rabais », a affirmé Olivier Véran, qui se dit convaincu que de plus en plus de Français auront recours à l’offre 100 % santé au point, à terme, que « nous aurons peut-être oublié ce qu’était le renoncement aux soins pour bien voir, bien manger, bien entendre et bien parler ».

 

Pourtant, en optique, le Rac 0 peine à séduire. A ce jour, seuls 14 % des verres et 12 % des montures sont délivrés en France dans le cadre du 100 % santé, selon la Sécurité sociale, qui en attend davantage. Certains acteurs du secteur évoquent la possibilité que le gouvernement, soucieux de montrer que la réforme est un succès, impose aux opticiens un quota de vente pour ces produits, qui serait de 20 % des ventes. Cette hypothèse a notamment suscité la vive opposition d’Eric Plat, PDG d’Atol, qui a dénoncé dans une tribune une mesure liberticide et privatrice de droits pour les porteurs.