Télésoin en optique, réfraction à distance : la HAS livre ses recommandations

Publié le 01/04/2021

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La Haute Autorité de Santé (HAS) a récemment publié une fiche relative aux bonnes pratiques pour la qualité et la sécurité du télésoin, qui vise à accompagner les professionnels concernés, dont les opticiens. Zoom sur ses recommandations pour notre secteur.

 

« Le télésoin est une forme de pratique de soins à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Il met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux dans l’exercice de leurs compétences. Les activités de télésoin sont définies par arrêté du ministre de la Santé », précise la HAS en préambule. Elle rappelle que cette pratique doit répondre aux mêmes exigences que le soin en présentiel, en termes de respect des règles d’exercice de chaque profession, de la déontologie (pour les professions disposant d’un code de déontologie), des règles de bonnes pratiques de la profession et de la confidentialité des données médicales.

 

Un cadre juridique incompatible avec la réfraction à distance

En ce qui concerne l’optique, à laquelle elle consacre 5 pages, la HAS explique avoir rencontre Visaudio et le Rof (Rassemblement des opticiens de France, fin 2019. Elle indique que la réglementation en vigueur interdit pour l’heure la réalisation de l’acte de réfraction en télésoin. Le Rof considère cependant que cette réglementation est trop restrictive et devrait évoluer pour permettre la réalisation de la réfraction en dehors du magasin. « Il existe des solutions techniques qui permettent de réaliser la réfraction à distance avec la présence d’un professionnel de santé sur place (auxiliaire médical, assistant médical, etc.) et d’un opticien à distance. Ces solutions pourraient être déployées en EHPAD, en MSP, etc. pour répondre aux besoins croissants de la filière et améliorer l’accès aux soins », relaie la HAS. Pour Visaudio, le télésoin est en revanche peu adapté, car « il est nécessaire de voir le patient pour le choix des lentilles, l’ajustage, la modification d’ordonnance. Des technologies permettent le contrôle à distance mais les outils ne sont pas satisfaisants ».

Les différentes parties prenantes considèrent que la définition du télésoin est trop restrictive, car elle n’inclut pas les échanges entre professionnels de santé (équivalent de la téléexpertise), pour améliorer la coordination entre médecins ophtalmologistes et opticiens, et entre opticiens eux-mêmes (ex. : solliciter l’avis d’un confrère spécialisé en contactologie en cas de demande d’adaptation). Elles jugent en outre que le télésoin peut être également intéressant dans les déserts médicaux en ophtalmologie.

 

Vers des droits d’accès en écriture au DMP pour les opticiens

Sur les recommandations de bon usage à respecter pour assurer la qualité et la sécurité du télésoin en optique, la HAS rappelle que les opticiens disposent d’une carte de professionnel de santé mais que les échanges avec les médecins se font par courrier ou par mail. « L’usage des messageries sécurisées de santé est très limité (pas d’action pour promouvoir son déploiement). La loi exige que l’opticien transmette le compte-rendu d’adaptation de correction au prescripteur mais ce compte-rendu ne peut pas être archivé dans le dossier médical partagé du patient », indique-t-elle, en soulignant qu’un groupe de travail est en cours pour donner aux opticiens des droits d’accès en écriture au dossier médical partagé, notamment y enregistrer le compte-rendu d’examen de réfraction.

 

Pour accéder à la fiche consacrée au télésoin en optique, cliquez ici

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