17 / 05 / 2021

Pour mesurer l’impact de la réforme 100 % santé dans l’optique, le Rof (Rassemblement des opticiens de France) et le Synom (Syndicat national des centres d’optique mutualistes) ont mené avec l’institut Xerfi une vaste étude sur la base de 355 000 factures d’équipements correcteurs complets vendus en octobre et novembre 2020, recueillies auprès d’acteurs représentatifs du marché. Cette étude, qui reprend la méthodologie de l’étude réalisée en février 2019, chiffre au plus près l’impact du 100 % santé dans notre secteur, notamment en matière de reste à charge (en volume et en valeur).

 

Plus de 2 millions de Français ont acheté un produit de classe A en 2020

Selon l’étude Xerfi, les lunettes relevant du 100 % santé représentent 17,6 % des factures (soit 2 à 2,5 millions d’équipements) : 10,3 % sont composées d’une monture ET de verres de classe A ; 7,3 % sont des équipements panachés (monture de classe A et verres de classe B ou vice-versa). Ces chiffres diffèrent légèrement des statistiques de la Cnam présentés lors du dernier comité de suivi du 13 avril 2021 : selon la DSS, la part des équipements « tout 100 % santé » est de 11 % et celle des équipements panachés de 5 %, soit un total de 16 %. La moitié des acheteurs des produits de classe A sont des bénéficiaires de la CSS, l’autre moitié est couverte par le régime général.

 

poids 100 % santé en optique Xerfi 2021

 

 

La possibilité d’équipement panaché permet une diffusion plus large de la réforme

Comme dit précédemment, 7,3 % des lunettes délivrées par les opticiens en 2020 étaient des équipements mixtes, avec un produit (verres ou monture) de classe A et un autre de classe B. Xerfi a analysé cette catégorie dans le détail : 2,9 % des équipements sont composés d’une monture de classe A et de verres de classe B et 4,4 % d’une monture de classe B et de verres de classe A. « La dissociation a donc permis une plus large diffusion du 100 % santé », analyse le Rof.

 

impact dissociation 100 % santé optique étude Xerfi

 

 

Le 100 % santé fait augmenter le nombre d’équipements sans reste à charge ou avec un reste à charge modéré, mais… 

Le nombre d’équipements sans reste à charge sur l’ensemble du marché a doublé entre 2018 et 2020, passant de 10,1 % à 21 % (25,2 % pour les équipements unifocaux et 13,6 % pour les équipements progressifs). On constate en outre une hausse importante du nombre d’assurés ayant un reste à charge inférieur à 40€ tant pour les équipements unifocaux (48,3 % contre 34,1 % en 2018) que progressifs (25,9 % vs 10,9 %). Cet effet positif est cependant contrebalancé par la création d’un nouveau reste à charge sur la dépense monture sur le marché libre, le plafond de remboursement des montures de classe B étant passé de 150 à 100€ : en 2018, le prix moyen d’une monture (en unifocal) se situait en-dessous du plafond de remboursement (150€ à l’époque) pour tous les déciles de reste à charge ; en 2020, ce prix se situait en-dessous du nouveau plafond (100€) pour seulement les trois premiers déciles de reste à charge. Cette baisse du plafond de remboursement a par ailleurs eu pour conséquence une baisse du prix moyen des montures entre 2018 et 2019.

 

montant moyen monture par décile de reste à charge étude Xerfi