25 / 07 / 2021

Suite à l’annonce par Monoprix de l’ouverture dans ses supermarchés d’espaces santé intégrant des cabines de téléconsultation avec délivrance d’ordonnance, notamment pour des équipements optiques, le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle que « la santé n’est pas un commerce » et demande aux pouvoirs publics de réagir.

 

Dans un communiqué, l’Ordre des médecins rappelle fermement que, selon l’article R.4127-19 du code de la santé publique, « la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce ». Il souligne que l’avenant n°6 à la convention médicale prévoit que la téléconsultation n’est prise en charge par l’Assurance maladie que lorsqu’elle est effectuée dans le parcours de soins défini par la loi et la convention médicale. « Il ne peut être accepté qu’un médecin prenne en charge un patient sans possibilité de procéder à un examen clinique chaque fois que cela est souhaitable ; sans aucun ancrage territorial ni aucune connaissance du tissu sanitaire et médico-social ; sans se préoccuper de son parcours de soins et sans apporter une garantie que la continuité des soins pourra être assurée. La prise en charge de patients exclusivement en téléconsultation porte atteinte aux exigences déontologiques de qualité, de sécurité et de continuité des soins », insiste le Cnom.   

 

Protéger l’acte médical au service des patients

Il estime ainsi que les cabines de téléconsultation ouvertes dans l’enceinte de supermarchés semblent contrevenir à ces obligations et être portées par des opérateurs de télémédecine, hors parcours de soins. « Le conseil national de l’Ordre des médecins, qui a régulièrement appelé à une régulation des offres de télémédecine par des sociétés intermédiaires à vocation commerciale, souligne une nouvelle fois que celles-ci ne sauraient s’affranchir du contrat social français. » Pour l’Ordre, cette initiative est d’autant plus regrettable que, du fait de l’épidémie de Covid-19, de nombreux dépistages et consultations ont été suspendus : « la découverte à des stades parfois avancés de pathologies graves justifie a posteriori la nécessité d’un examen présentiel et d’un examen clinique, plus que jamais fondamentaux à ce jour, sans nier ce que la télémédecine a pu apporter par ailleurs. »

Dans tout ce contexte, l’Ordre demande au gouvernement de « réagir avec fermeté pour défendre les principes régissant l’organisation des soins en France, et pour protéger l’acte médical au service des patients ».

 

Rappelons que, en ce qui concerne notre secteur, les espaces « La santé au quotidien », pour l’instant installés dans deux magasins du réseau Monoprix, intègrent un segment optique avec un parcours client complet, incluant l’examen de vue gratuit avec émission d’ordonnance en 72 heures (téléconsultation asynchrone), l’essayage de montures et la vente de lunettes sans reste à charge. L’enseigne de grande distribution ambitionne de développer ce concept dans un grand nombre de ses points de vente.