18 / 10 / 2021

Alors qu’EssilorLuxottica a obtenu toutes les autorisations réglementaires au rachat de GrandVision, le géant franco-italien vient de remporter la bataille juridique qui l’oppose au groupe néerlandais : le tribunal arbitral considère que GrandVision, qui détient en France les chaînes GrandOptical et Générale d’optique, a violé ses obligations envers son potentiel acquéreur, ce qui ouvre la voie à une éventuelle annulation de la transaction.

 

En juillet 2020, GrandVision et le groupe Hal, son actionnaire majoritaire, ont initié une procédure d’arbitrage pour confirmer qu’ils ne violent pas le Contrat de Soutien conclu dans le cadre du projet de rachat, suite aux poursuites engagées peu avant par EssilorLuxottica, qui souhaitait obtenir davantage d’informations sur la gestion de la crise sanitaire par le groupe néerlandais. Après plusieurs décisions qui ont fait chacune l’objet d’appels, le tribunal arbitral a rendu la décision finale, qui donne raison à EssilorLuxottica : Le tribunal a jugé que le groupe a le choix de mettre fin à l’acquisition de GrandVision « en raison des violations significatives de GrandVision à ses obligations envers EssilorLuxottica », explique le communiqué publié le 21 juin.

 

Cet épilogue est susceptible de remettre en cause le rachat, évalué à plus de 7 milliards d’euros : EssilorLuxottica annonce en effet étudier ses options et « communiquera en temps voulu la suite à y donner ». Son directeur général, Francesco Milleri, exprime sa satisfaction quant à la décision du tribunal. GrandVision se dit de son côté « déçu ». Le groupe assure avoir pleinement soutenu le projet de rapprochement tout au long du processus et déclare que d’autres annonces seront faites si nécessaires.