18 / 10 / 2021

Réalisé par le député Cyrille Isaac-Sibille, le rapport d’information de la mission “L’organisation des professions de santé : quelle vision dans dix ans et comment y parvenir ?” vient d’être publié. Pour la filière de santé visuelle, il formule diverses propositions qui misent essentiellement sur les orthoptistes.

 

De manière générale, le rapport insiste sur l’importance du partage des tâches entre les professions médicales et les autres professions. Il détaille quatre leviers d’action : le renforcement des compétences socles, la montée individuelle en compétences, la création de nouvelles spécialités (mais seulement dans des cas précis) et l’accès à la pratique avancée. Cyrille Isaac-Sibille préconise en outre de développer les coopérations entre professionnels de santé, notamment via le numérique.

 

Pour ce qui concerne la filière visuelle en particulier, le député formule 6 recommandations :

  • développer, dans le cadre du travail aidé et notamment des cabinets secondaires, les délégations de tâche aux opticiens et orthoptistes (il s’agirait surtout de privilégier le modèle prévoyant la présence d’un orthoptiste en permanence durant l’ouverture du site, agissant sur protocole et associé à un ophtalmologiste en présentiel à temps partiel, en charge des cas complexes et des nouveaux patients inconnus du cabinet) ;
  • prévoir une expérimentation permettant aux orthoptistes de se voir déléguer davantage de tâches dans les territoires où la densité d’ophtalmologistes est faible.
  • mieux communiquer sur la possibilité de renouvellement des équipements par les orthoptistes et opticiens‑lunetiers et s’assurer du remboursement, par les complémentaires, de ce renouvellement ;
  • instaurer un dispositif de règles et de sanctions professionnelles pour les opticiens-lunetiers et les orthoptistes (comme le souhaitent les ophtalmologistes, ndlr) et sécuriser juridiquement l’emploi des opticiens dans les cabinets d’ophtalmologistes ;
  • s’assurer du déploiement des protocoles organisationnels et de coopération en direction des orthoptistes libéraux et des ophtalmologistes non employeurs ;
  • créer un protocole de coopération national « filière visuelle » sur la base des actuels protocoles de coopération et de certains protocoles organisationnels.

 

Pour permettre aux orthoptistes de se voir déléguer davantage de tâches, le rapport suggère de prévoir une expérimentation dans le cadre du prochain PLFSS. Les territoires ciblés pourraient être les territoires vie‑santé où la densité en ophtalmologistes est inférieure à 5/100 000 habitants. « Les tâches déléguées aux orthoptistes pourraient reprendre tout ou partie des tâches prévues par les protocoles RNO, RNM (dit “Muraine”), Opht&Go, par le protocole organisationnel de dépistage de la rétinopathie diabétique et par celui de suivi d’un glaucome chronique simple stabilisé ou d’une hypertonie oculaire simple », explique Cyrille Isaac-Sibille. Il ne mentionne pas, en revanche, la possibilité de mener une expérimentation avec les opticiens.