21 / 09 / 2021

Les pouvoirs publics estiment que la part des d’équipements du panier A dans les ventes d’optique médicales est trop faible. Plusieurs opticiens ont reçu, ces derniers jours, un courrier de leur CPAM pointant du doigt le taux d’équipements 100 % santé facturés par leur magasin et les avertissant de la visite d’un représentant de leur caisse pour « favoriser l’évolution de [leurs] pratiques ».

 

Mise en œuvre en 2020 dans notre secteur, la réforme du 100 % santé peine à séduire les porteurs français. En avril, selon les chiffres du ministère de la Santé, le taux de diffusion des équipements du panier A se montait à 15,5 % (17,6 % selon une étude Xerfi). Bien trop peu aux yeux du gouvernement, qui aurait même envisagé au printemps dernier de fixer à la profession un quota de 20 %.

 

Si une telle contrainte n’a pas encore été décidée, les pouvoirs publics accentuent un peu plus la pression sur les opticiens qui délivrent une faible proportion de montures et de verres du panier A. Certains d’entre eux ont tout récemment reçu un courrier de leur CPAM rappelant que l’Assurance maladie, dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de la réforme, a évalué la part des équipements 100 % santé vendus entre le 1er septembre 2020 et le 31 mars 2021, et que leur magasin enregistre un taux « en-deçà des estimations de la part des assurés ayant vocation à recourir à cette offre » (sans que cette estimation soit chiffrée). Cette lettre invite les opticiens concernés à « poursuivre [leurs] efforts en matière de présentation de l’offre » en favorisant l’accès de la clientèle à ces produits, « conformément aux exigences de la réforme ».

Elle les prévient en outre de la prochaine venue, dans leur point de vente, d’un représentant de leur CPAM qui leur « apportera des conseils afin de favoriser l’évolution de [leurs] pratiques en ce sens ».

 

Cette démarche de l’Assurance maladie suscite de vives réactions de la profession sur les réseaux sociaux, où elle est unanimement décriée. Les opticiens soulignent notamment que les textes officiels relatifs à la mise en place du 100 % santé ne mentionnent pas d’objectif chiffré pour le taux d’équipement en panier A.