18 / 10 / 2021

Selon les chiffres communiqués aujourd’hui par le Syndicat national des ophtalmologistes de France, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste a reculé de 16 jours en 2 ans. « Une réduction des délais obtenue grâce à une organisation coordonnée de la filière visuelle », explique l’organisation.

 

Ces chiffres optimistes font partie des conclusions de l’édition 2021 de l’étude CSA/Snof. Cette étude s’appuie sur des appels mystères sur le terrain pour quantifier les délais dans le cadre d’une consultation périodique ou en cas d’apparition de nouveaux symptômes, que ce soit par téléphone ou Internet. Au total, un échantillon de 2 627 ophtalmologistes ont été contactés entre le 6 et le 16 septembre dernier.

Et les résultats sont encourageants puisque les délais ont été réduits dans les deux cas (consultation périodique / nouveaux symptômes) : « En 2021, dans le cas du premier scénario, 52 % des RDV sont donnés à moins d’un mois et seulement 3 % à plus de 6 mois (contre 13 % en 2017). Concernant le deuxième scénario, 50 % des rendez-vous sont obtenus dans un délai de 8 jours. Ainsi, dans le cas du deuxième scénario, nous constatons une baisse de 6 jours par rapport à 2020 », détaille le Snof.

Ce phénomène de réduction des délais semble uniforme sur l’ensemble du territoire, puisqu’on le retrouve dans 11 régions sur 13. En termes de canal de contact, le délai de prise de rendez-vous par Internet (dont l’usage s’est intensifié globalement avec la pandémie de Covid-19) a tendance à être plus court que par téléphone, avec une médiane de 23 jours en 2021 contre 42 jours en 2019.

 

rendez-vous ophtalmo régions

 

Il faut améliorer le renouvellement des équipements optiques chez l’opticien

Si le Snof explique ses résultats positifs avant tout par le travail aidé qui s’est généralisé dans toutes les régions, Thierry Bour, son président, est revenu sans équivoque sur l’idée d’ouverture du droit de prescription aux orthoptistes prévu dans le PLFSS 2022.

« Nous avons fait les 3⁄4 du chemin pour retrouver le “zéro délai”, malgré des retards du côté des pouvoirs publics. Nous attendons maintenant que les pouvoirs publics prennent les bonnes décisions et qu’ils ne s’engagent surtout pas dans la voie de la démédicalisation du suivi d’une partie de la population comme cela est actuellement proposé dans l’article 42 du PLFSS 2022. Si nous soutenons la délégation des tâches, la grande majorité des ophtalmologistes alerte sur la proposition du gouvernement d’élargir les prérogatives des orthoptistes de niveau licence (bac+3) pour réaliser en autonomie et sans contrôle des actes jusqu’à présent réservés aux médecins. Une situation jugée absurde et surtout dangereuse pour les patients, faisant reculer le dépistage et la prise en charge des pathologies oculaires, par près de 90% des ophtalmologistes d’après une enquête du Snof auprès des ophtalmologistes. L’ophtalmologiste doit rester le garant des soins visuels ! »

En revanche, le Snof estime qu’il faut améliorer le renouvellement des équipements optiques chez l’opticien, « sous condition d’un vrai échange d’information en retour, notamment au travers d’outils numériques comme l’e-prescription et la messagerie sécurisée », parmi les pistes à suivre pour continuer cette dynamique de baisse des délais de rendez-vous dans les années à venir.