6 / 12 / 2021

Dans un communiqué, le Rassemblement des opticiens de France (Rof) commente les prises de position du gouvernement dans le PLFSS 2022 pour ce qui concerne la santé visuelle : 100 % santé, mise en place de règles professionnelles claires pour les opticiens, financement des équipements et extension des prérogatives des orthoptistes.

 

Le syndicat se satisfait que le gouvernement confirme ses propres chiffres sur le taux de pénétration du 100 % santé dans notre secteur : à l’occasion de l’examen du PLFSS 2022, l’exécutif a indiqué un taux de 17 %, soit équivalent à celui constaté par le Rof en avril 2021 (17,6 %). L’organisation professionnelle se réjouit en outre que ces données montrent que « les opticiens jouent majoritairement le jeu du 100 % santé » : la diffusion de l’offre sans reste à charge a en effet gagné 2 points entre fin 2020 et le printemps 2021. Par ailleurs, selon les remontées des adhérents du Rof ayant été visités par des agents des CPAM depuis septembre, la « plupart de ces visites se soldent par un satisfecit donné aux opticiens ». Dans ce contexte, le syndicat soutient la volonté du ministère de la Santé « de mettre en place par voie réglementaire des règles professionnelles claires pour les opticiens », comme il l’avait proposé dans sa contribution remise à la mission Igas IGESR.

 

Aligner le remboursement AMO du panier B sur celui du panier A

Pour le Rof, la réussite du 100 % santé en optique confirme l’importance pour les pouvoirs publics de continuer à financer et réguler les soins optiques. Alors que le HCAAM clôturera bientôt son rapport sur la réforme de l’articulation AMO / AMC, le syndicat demande que le financement assuré par la solidarité nationale soit équivalent sur l’ensemble des dispositifs médicaux d’optique. « Les tentatives des réseaux de soins pour se voir confier la gestion de l’offre de soins optique représentent à cet égard une réelle menace pour le 100 % santé », affirme-t-il, faisant référence à l’amendement déposé par le député Cyrille Isaac-Sibille (mais rejeté en commission des Affaires sociales) qui visait à déléguer, à titre expérimental, la gestion des produits optiques du marché libre aux Ocam.

 

Primo-prescription par les orthoptistes : une mesure insuffisante

Revenant sur le sujet des délais de rendez-vous, que le gouvernement espère raccourcir en ouvrant le droit de primo-prescription aux seuls orthoptistes, le Rof estime enfin que cette mesure du PLFSS 2022 « restera sans effet dans les territoires où ophtalmologistes et orthoptistes sont absents ou indisponibles », soit 30 départements. Le syndicat répète que les parlementaires peuvent « s’appuyer sur les opticiens dont la répartition sur tout le territoire n’est plus à démontrer ». Il propose donc, en plus de l’ouverture de la prescription aux orthoptistes (à laquelle les ophtalmologistes sont farouchement opposés), d’autoriser les opticiens « à renouveler des ordonnances dans le cadre de téléexpertises organisées avec des ophtalmologistes ».

Rappelons que cette proposition fait partie des recommandations listées par l’Igas dans son rapport publié en septembre 2020 : celui-ci préconisait, entre autres, « d’élargir la télé-expertise aux relations entre ophtalmologiste et orthoptiste et/ou opticien-lunetier ».