8 / 12 / 2021

C’est aujourd’hui, 22 octobre 2021, que débute l’appel à la grève lancé par le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), l’ANJO (Association nationale des jeunes ophtalmologistes) et l’Isni (Intersyndicale nationale des internes) pour protester contre l’article 40 du PLFSS 2022, qui vise à donner aux orthoptistes la possibilité de prescrire en accès direct des lunettes et des lentilles.

 

C’est le jour qu’a choisi le Snof pour dévoiler les résultats d’une étude menée par le syndicat auprès d’un panel de 1 986 répondants, entre le 29 septembre et le 4 octobre 2021. Sans surprise, plus de 9 ophtalmologistes sur 10 s’opposent à l’ouverture de la primo-prescription aux orthoptistes en autonomie, la qualifiant d’ « absurde, dangereuse et inutile ». Ils ne sont que 2 % à trouver cette solution « satisfaisante et sans risque pour les patients ».

94 % des spécialistes jugent que les orthoptistes ne peuvent pas remplir ce rôle avec leur formation actuelle. Ils sont ainsi 93 % à prévoir une hausse des retards de diagnostics et une augmentation de la gravité des pathologies ophtalmologiques, si l’idée est adoptée.
Le Snof et l’Anjo protestent devant le ministère de la Santé entre 11 heures et 15 heures aujourd’hui, renouvelant leur appel à la grève et demandant la suppression de l’article en question.
Selon le Dr Thierry Bour, président du Snof : « Cet article 40 du projet de loi soumis au Parlement représente un véritable danger pour le parcours de soins en ophtalmologie. Alors que la France est la première en Europe pour le dépistage du glaucome et que les délais de RDV tendent largement à s’améliorer, les pouvoirs publics opèrent ici un changement radical du système de santé en se basant sur une étude caduque de 2018 de la Drees. Depuis, la filière a fait bouger les choses en misant sur la collaboration et le partage des tâches, permettant à la filière de faire figure d’exemple. »

 

Un climat de méfiance au sein même de la filière

Outre les répercussions externes, le président du Snof évoque également un impact au sein même de la filière visuelle : « Le travail pionnier et les avancées que nous avons réalisées sont aujourd’hui mis à mal par cet article 40. La collaboration entre ophtalmologistes et orthoptistes a été utilisée jusqu’alors de manière complémentaire pour consolider l’offre de soins et garder une prise en charge médicale. En plus de conséquences délétères sur la prise en charge des patients, l’article 40 détruirait tout ce travail collaboratif installé entre les professionnels de santé, en instaurant un climat de méfiance au sein de la filière. Notre étude montre que le sujet préoccupe les ophtalmologistes : ils sont près de 7 sur 10 à affirmer qu’ils verront leur confiance envers les orthoptistes se dégrader si l’article était voté. Une situation alarmante à la fois pour les patients et l’avenir de la filière ! Cela risque d’aboutir à un effet inverse de celui recherché. Une telle remise en cause nécessite un large débat, la santé visuelle future des Français est en jeu. On ne change pas ainsi une organisation qui a fait la preuve de son efficacité contre l’avis de 95 % du corps médical ! »