8 / 12 / 2021

L’exécutif, qui s’agace devant la hausse des cotisations des mutuelles, souhaite que celles-ci ne les augmentent pas en 2022. Pour la Mutualité française, cette demande est déconnectée de la réalité des dépenses de santé et de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) fixé par le gouvernement dans le PLFSS.

 

Pour refuser le gel du prix des contrats, la Mutualité française affirme que les mutuelles n’ont pas fait d’économies dans le cadre de la crise sanitaire. Dans un communiqué, elle déclare que la baisse des prises en charge en 2020 a été plus que compensée par la réforme de la CSS et la taxe Covid (1,5 milliard d’euros pour 2020 et 2021), et que les mutuelles ont dû faire face à 140 millions d’euros de remboursements supplémentaires en raison du 100 % santé. Au total, elles ont, selon la FNMF, enregistré un « supplément de dépense de l’ordre de 280 millions d’euros » sur 2020/2021. Revenant sur leurs frais de gestion, souvent pointés du doigt, la Mutualité française affirme que ses adhérents les ont fait baisser de 2 % par an depuis 2 ans et que leurs marges, en tant qu’organismes à but non lucratif, sont limitées à 2 %.

 

Forte de ces données, la Mutualité explique que, « si les cotisations devaient augmenter en 2022, ce serait pour faire face à l’augmentation des dépenses de santé des Français, avec l’objectif de maintenir au plus bas le reste à charge ». Elle demande une nouvelle fois, comme la Fédération française de l’assurance, un allègement des taxes qui pèsent sur les contrats des Ocam : « si le gouvernement veut rendre du pouvoir d’achat aux Français, il a le moyen de le faire par un allègement de ces taxes sur leur couverture santé. Il est quand même étonnant que la couverture santé soit trois fois plus taxée que le hamburger », ironise Éric Chenut, son nouveau président.