8 / 12 / 2021

L’optique bashing est de retour ! Après une certaine accalmie, la presse grand public tire à nouveau à boulets rouge sur le secteur. Point de départ de cette nouvelle salve : la parution, il y a quelques jours, d’un hors-série du magazine 60 millions de consommateurs dédié à la santé visuelle. Son chapitre « S’équiper sans se ruiner », largement relayé dans les médias, tacle sans ménagement les opticiens, qui ne joueraient pas le jeu du 100 % santé.

 

« Et si nous consommions désormais les équipements d’optique comme n’importe quel appareil électroménager, en connaissant quelques critères de choix et en gardant notre esprit critique en éveil ? », annonce d’emblée l’édito de ce hors-série, qui consacre près d’une trentaine de pages aux différents moyens de faire baisser la facture des équipements optiques. Cette rubrique vante l’offre 100 % santé, pointant du doigt les opticiens qui feraient tout pour ne pas la vendre. « Certains vont même jusqu’à l’évoquer… sans mentionner la prise en charge intégrale de la Sécurité sociale et de la mutuelle, de sorte qu’elle paraît plus onéreuse que celle à prix libre présentée, elle, en déduisant les remboursements ! », illustre l’article. Pour tirer cette conclusion, 60 millions de consommateurs a testé 5 opticiens (3 sous enseigne et 2 indépendants) : 3 d’entre eux n’ont pas du tout mentionné l’offre sans reste à charge, le même nombre ne la présente pas dans le devis, aucun n’expose correctement les montures du panier A et tous découragent les clients d’opter pour ces produits. « Si cette expérience de terrain ne permet en aucun cas de généraliser, elle pousse à adopter de nouveaux réflexes lors de l’achat de lunettes : parler du 100 % santé à l’opticien dès les premiers instants, demander à voir l’intégralité de la collection de montures et comparer les deux offres sur le devis normé », conseille le magazine à ses lecteurs.

 

60 millions met le low-cost à l’honneur

Certes, 60 millions de consommateurs cite des professionnels de la filière (Léna Henry, présidente du Gifo ; Alain Gerbel, président de la Fnof ; Marc Bergogné, administrateur de la Fnof) qui évoquent la moindre qualité des montures et des verres du panier A, et le fait qu’ils ne conviennent pas à tout le monde. Mais le magazine met aussi largement en avant le discours de Marianick Lambert, présidente de France Assos Santé, qui a déjà accusé les opticiens de dénigrement : elle assure que « les verres 100 % santé répondent à des exigences techniques minimales et intègrent des traitements obligatoires », ajoutant qu’il peut « y avoir des produits qui viennent de Chine et qui sont de bonne qualité ». Quelques pages plus tard, le hors-série met en avant des enseignes positionnées sur les prix bas – Droit de Regard, Jimmy Fairly, Lunettes pour Tous et Polette – qui font l’objet d’un tableau comparatif (prix des montures et des verres, origine des produits, tiers payant, etc.). Il revient en outre sur la vente en ligne, en dressant une liste de conseils pour ceux qui voudraient acheter leurs lunettes sur Internet. Notons que les autres rubriques du magazine sont dédiées à des sujets plus techniques : les critères de choix des verres, ceux des lunettes de soleil, la chirurgie réfractive ou encore les aides visuelles pour les malvoyants.