26 / 01 / 2022

Dans le cadre du débat sur la réforme du système de santé, la Mutualité française a présenté aujourd’hui ses propositions, ainsi que ses premiers décryptages des programmes des candidats à l’élection présidentielle, dans le cadre de la démarche Place de la Santé.

 

Interrogée par L’OL [MAG], Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité française, s’est exprimée sur la possibilité, évoquée à plusieurs reprises (notamment par la Cour des comptes et lors des débats du PLFSS 2022) de transférer aux seuls Ocam la prise en charge des équipements du panier libre. « Ce scénario du décroisement ne tient pas la route très longtemps », nous a-t-elle répondu, en reconnaissant qu’il est « séduisant au premier abord, car il paraît plus fluide et plus souple » que le système actuel combinant RO et RC.

 

Mais, poussant la réflexion plus loin, la Mutualité craint qu’une telle réforme ait pour conséquence une spécialisation des complémentaires santé sur des soins non récurrents, à savoir l’optique, les aides auditives et le dentaire, ce qui est au contraire au principe de mutualisation. « Ce serait les ‘mauvais risques’ qui souscriraient les Ocam, explique-t-elle, en se plaçant dans une perspective de long terme. Si la Sécurité sociale ne finance que les soins du 100 % santé, ceux-ci ne vont pas évoluer car celle-ci a toujours la volonté de modérer les dépenses. On aboutirait par ailleurs à une assurance santé dérégulée, à une médecine à deux vitesses et le risque de renoncement aux soins augmenterait. »