16 / 05 / 2022

Comme à chaque trimestre, le groupe Altares a dévoilé les chiffres de son étude sur les défaillances d’entreprises. Au total, 28 371 défaillances d’entreprises (redressements judiciaires, liquidations judiciaires directes et sauvegardes) ont été comptabilisées sur l’année 2021. Un chiffre au plus bas depuis 35 ans, avec un nombre d’emplois menacés qui passe sous le seuil des 100 000. Cependant, le 4ème trimestre est marqué par un net rebond de 9 % au mois de décembre.

 

Les défaillances d’entreprises ont continué de baisser en 2021 : – 12 % par rapport à 2020 et – 45 % par rapport à 2019. Mais « le débranchement progressif des aides, les difficultés d’approvisionnement en matières premières et l’envolée des prix fragilisent les trésoreries des entreprises. Ainsi, on observe au 4e trimestre 2021 une remontée notable du nombre de défaillances tirée par la fragilisation des entreprises du bâtiment », note Altares.

A quoi faut-il s’attendre en 2022 ? Pour Thierry Million, directeur des études Altares, suite à l’arrivée de la cinquième vague, « le gouvernement a réagi rapidement et réactivé, ou renforcé, certains dispositifs mis en place dans les premiers mois de la crise sanitaire tels que l’élargissement des aides coûts fixes, la prolongation du fonds de solidarité, l’étalement du remboursement des PGE jusqu’à 10 ans (contre 6), le report à fin 2022 du remboursement prévu au printemps prochain ou bien encore l’activité partielle. Ce nouvel effort d’accompagnement devrait permettre de passer le cap de la vague Omicron et, par conséquent, limiter les dépôts de bilan dans les prochains mois. Mais le risque n’a pas pour autant disparu. Il est provisoirement neutralisé. Par ailleurs, la dynamique de créations d’entreprises est en ce moment très forte, proche d’un million. Dans ce contexte, le risque de défaillances de très petites entreprises reste élevé. La fin du “quoi qu’il en coûte”, annoncée en août 2021, pourrait être véritablement actée cette année si le contexte sanitaire le permet. En parallèle, la vigueur de l’inflation pourrait amputer sévèrement le pouvoir d’achat et peser sur la consommation des ménages. Aussi, si rien à ce stade ne permet de redouter une explosion du nombre de procédures collectives, nous devons raisonnablement envisager une remontée des défauts à partir de 2022 ».

 

Comment se porte l’optique ?

Les opticiens traversent plutôt bien la crise sanitaire du Covid. Il faut dire que contrairement à d’autres commerçants, ils ont globalement pu rester ouverts en mettant en place des dispositifs, comme la prise de rendez-vous, qui ont permis de conserver et de fluidifier l’activité.

Ainsi, selon Altares, 21 points de vente optiques ont connu une défaillance au quatrième trimestre (16 liquidations et 5 redressements). Un chiffre en hausse par rapport aux autres mois de l’année : 18 au premier trimestre 2021, 10 au deuxième et 13 au troisième.

Au total, 62 défaillances ont été enregistrées en 2021, en augmentation par rapport au 53 de 2020, mais toujours très loin des 100 en 2019 et 128 en 2018.