29 / 09 / 2022

Les deux associations de consommateurs taclent à nouveau sévèrement les Ocam sur la hausse de leurs cotisations, qui peuvent atteindre dans certains cas +50 % cette année.

 

Ces derniers mois, l’augmentation des tarifs des contrats des complémentaires santé fait l’objet de vives critiques, notamment de la part des pouvoirs publics. La rédaction de 60 millions de consommateurs a tout récemment recueilli et publié des témoignages de ses lecteurs, qui montrent que, pour certains assurés, la hausse des cotisations entre 2021 et 2022 est particulièrement brutale. Des adhérentes d’Harmonie Mutuelle et de la Maaf déclarent ainsi des hausses d’environ 30 %, quand une bénéficiaire de Solimut Mutuelle de France s’est vu appliquer un tarif 50 % plus cher que l’année dernière. « Solimut est l’une des rares mutuelles à avoir présenté un résultat net négatif pour trois années consécutives (2018, 2019 et 2020). Cette hausse était-elle inévitable ? La mutuelle n’a pas répondu à nos sollicitations », regrette 60 millions. L’association pointe aussi du doigt le manque d’explications à ces augmentations. Quand il y en a, l’argument le plus fréquemment avancé mêle le 100 % santé et la « taxe Covid » imposée par l’Etat aux Ocam, explique 60 millions, en rappelant à ses lecteurs qu’ils peuvent faire jouer la concurrence et résilier leur complémentaire santé en cours d’année.

 

Les Marseillais et les Parisiens payent plus cher selon Que Choisir

L’UFC-Que Choisir s’attaque elle aussi à ces hausses de tarifs, en mettant en lumière les différences de coût selon les régions. Son analyse issue de son comparateur de mutuelles montre que seulement 25 % des organismes proposent des tarifs homogènes d’un département à l’autre. Près d’un tiers (30 %) font varier leurs prix selon le lieu de résidence. « L’une de nos lectrices l’a constaté à l’occasion d’un déménagement depuis l’Eure vers les Bouches-du-Rhône : sa prime a augmenté de 20 €. Les calculs de notre comparateur confirment ce constat. La cotisation moyenne est de 147 € par mois. À Nantes, on débourse 10 € de moins. À Marseille ou Paris, c’est 10 € de plus », note l’association. Elle explique ces écarts par la prise en compte de la consommation de soins et des dépassements d’honoraires pratiqués dans le département : « dans les zones où la population voit plus souvent le médecin, les contrats seront donc plus chers. C’est le cas des Bouches-du-Rhône et de Paris. À l’inverse, les départements bénéficiant du régime local d’assurance maladie d’Alsace-Moselle paient des primes moins élevées, car la collectivité offre de meilleurs remboursements », relève l’UFC-Que Choisir, en rappelant que les retraités sont dans une situation particulièrement difficile, les primes augmentant également avec l’âge des bénéficiaires.