25 / 09 / 2022

Revenant sur la récente publication du décret élargissant les prérogatives des orthoptistes, le Rassemblement des opticiens de France (Rof) apporte, par un communiqué, des précisions sur l’application de ces nouvelles mesures. Il se montre par ailleurs circonspect sur la prise en charge des équipements qui seront délivrés sur la base d’une prescription orthoptique.

 

Pour le Rof, les « nombreuses restrictions encadrant » l’autorisation donnée aux orthoptistes de prescrire des équipements optiques, « ainsi que leur faible présence dans de nombreux territoires, limitent grandement la portée de cette mesure ». Celle-ci « pourra néanmoins permettre à certains Français d’avoir accès aux soins visuels avec une possible réduction de certains délais d’attente ». Le syndicat avertit cependant que ce nouveau droit n’est pas effectif, le ministère de la Santé n’ayant pas encore publié tous les textes réglementaires d’application (notamment un arrêté).

Il ajoute ne bénéficier « actuellement d’aucune garantie satisfaisante concernant la prise en charge des équipements délivrés à l’appui de ces ordonnances » et se mobilise pour les obtenir au plus vite auprès de la Direction de la Sécurité sociale. « Celle-ci s’est, d’ores-et-déjà, engagée à inviter les complémentaires santé à prendre en charge ces équipements avant une future parution de textes réglementaires ad hoc. » Le Rof invite ainsi, dans l’attente des précisions attendues, « à la prudence concernant le tiers payant lors de la délivrance d’un équipement basé sur une prescription orthoptique ».

 

Le Rof va interpeller les candidats aux législatives

En parallèle, l’organisation attend désormais que les autres décisions du ministre de la Santé issues du rapport Igas, et qui concernent plus directement les opticiens (réingénierie de la formation promise pour le début du 2ème semestre et mise en place de règles professionnelles) aboutissent cette année. « A l’occasion des législatives, alors que le sujet des déserts médicaux devrait être abordé cet été dans le cadre d’une Grande conférence nationale santé promise par le président de la République, nous allons interpeller les candidats avec la pétition lancée cet hiver, en indiquant que la mesure confiant la primo prescription aux orthoptistes ne sera pas suffisante pour apporter des solutions à tous les Français et que nous les sollicitons pour qu’ils s’engagent auprès de l’ensemble des opticiens », conclut le Rof.