30 / 11 / 2022

Selon une enquête récemment publiée par l’Irdes, la non-couverture par un Ocam était, en 2019, à son niveau le plus bas. Une partie non négligeable de la population reste cependant encore mise de côté, ce qui pénalise lourdement leurs accès aux soins, notamment visuels.

 

Pour son étude, l’Irdes a pris pour référence l’année 2019. A cette date, 3,6 % des Français de 15 ans et plus (soit 2,5 millions) étaient couverts par un contrat d’Ocam, contre 14 % en 1996. Cette progression substantielle fait suite aux réformes mises en œuvre depuis une vingtaine d’années, comme la CMU-C en 2000, l’ACS en 2005 ou encore la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise en 2016. Si ces mesures ont permis d’améliorer la couverture de la population, elles ne résolvent pas toutes les problématiques, notamment en matière de solidarité : « le mode de financement de l’assurance maladie privée ne dépend pas de la capacité contributive des ménages : les primes des contrats dépendent essentiellement de l’âge des assurés (pour les contrats souscrits de façon individuelle) ou du pool d’assurés (pour les contrats souscrits de façon collective). Ainsi, le financement de la complémentaire santé augmente avec le risque maladie et renforce les inégalités de niveau de vie », souligne l’Irdes. La diffusion de la complémentaire santé, étroitement liée au statut d’emploi des usagers, renforce la segmentation des risques et les difficultés d’accès des personnes les plus modestes et les plus âgées. Le 100 % santé a par ailleurs fait augmenter les niveaux de garanties des contrats individuels d’entrée de gamme et, en corollaire, généralisé sur le marché de l’assurance individuelle une tarification en fonction de l’âge, forcément au détriment des séniors.

 

Les plus pauvres sont les plus concernés par l’absence de complémentaire santé

Près de 11 % des individus de 15 ans et plus appartenant au premier décile de niveau de ne bénéficient pas d’une complémentaire santé, contre 6 % de ceux appartenant au deuxième décile et 4,2 % de ceux appartenant au troisième décile. Les familles monoparentales et les ménages complexes sont également plus souvent concernés : c’est le cas de respectivement 9 % et 7 % d’entre eux, contre 5 % pour les individus qui vivent seuls et moins de 3 % pour les personnes en couple avec ou sans enfant. Par ailleurs, 13 % de la population de nationalité étrangère ne sont pas couverts contre 5 % des Français par naturalisation et moins de 3 % des Français de naissance. Enfin, les inégalités de couverture se reflètent sur le territoire : 9 % des résidents des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ne sont pas couverts. Si on s’attache au statut professionnel, 1,5 % des salariés du privé, 2,5 % des salariés du public et 3,2 % des étudiants ne sont pas couverts en 2019, de même que 3,7 % des retraités, 5,5 % des travailleurs indépendants, 7,5 % des personnes au foyer et autres personnes inactives et 14 % des chômeurs.