8 / 08 / 2022

Comme à chaque trimestre, le groupe Altares a dévoilé les chiffres des défaillances d’entreprises (sauvegardes, redressements judiciaires et liquidations judiciaires directes) en France pour le 2ème trimestre 2022. Avec 9 826 procédures ouvertes, le nombre de défaillances (tous secteurs confondus) a augmenté de 49 % par rapport à la même période en 2021. « 800 entreprises tombent en défaillance chaque semaine. Les courbes laissent présager 37 000 défauts fin 2022 », ajoute Altares.

 

Ne cédons pas à la panique pour autant. Comme le note le groupe, si sur 12 mois glissés, l’augmentation générale est de 15 %, avec des niveaux au plus haut depuis octobre 2020, « ils restent inférieurs à ceux de 2019, année de référence pré Covid, [mais] l’écart se resserre ». Qui sont les plus touchés ? Ce sont les activités à destination du consommateur qui éprouvent les plus grandes difficultés sur un an : + 111 % pour les salons de coiffure et instituts de beauté, + 110 % pour la restauration, + 132 % pour les débits de boissons, + 93 % pour le bricolage et les équipements du foyer. (L’augmentation donnée pour les magasins d’optique est de + 81 %, mais ce chiffre est à prendre avec des pincettes puisque les opticiens se trouvent englobés dans le secteur du soin de la personne et sont donc par exemple associés aux parfumeurs.) A noter également une hausse des défaillances de 136 % pour les structures créées juste avant ou pendant la crise sanitaire. Enfin, 93 % des entreprises en cessation de paiement sont des TPE (9 095 procédures, en augmentation de 47 % sur un an).

Comme résume Thierry Millon, directeur des études Altares : « Les chiffres de fin 2021 et du premier trimestre 2022 démontraient un retour à la réalité sur le front des défaillances. Depuis février, la tendance à la hausse s’accélère nettement avec une augmentation mensuelle moyenne de 45 %. Nous approchons désormais des niveaux observés en 2019, période de référence d’avant crise. Les plus petites entreprises de moins de 3 salariés sont les plus touchées, en particulier les plus jeunes, qui présentent des taux de liquidation identiques à 2019. Autre signal d’inquiétude, les PME sont aussi de plus en plus nombreuses à faire défaut et retrouvent des seuils identiques à l’avant crise. »

 

Et l’optique ?

Sur le deuxième trimestre 2022, Altares a comptabilisé 34 défaillances d’entreprises (dont 28 liquidations judiciaires et 6 redressements), soit le double du premier trimestre 2022. Ce chiffre de 34 défaillances sur le trimestre nous ramène ainsi à des taux déjà rencontrés avant la crise du Covid-19 : 40 en T1 2018, 42 en T2 2018, 33 en T4 2018, 29 en T4 2019.

Le premier semestre 2022 a ainsi enregistré 51 défaillances, contre 62 pour l’ensemble de l’année 2021 et 53 en 2020. Si l’augmentation n’est pas plus marquée au second semestre, on devrait revenir à des chiffres annuels proches de 2018 (avec 128 défaillances en optique) ou 2019 (100 défaillances).