8 / 08 / 2022

Dans le cadre de sa récente enquête sur la participation des professions non médicales au parcours de soins visuels, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) a sondé les patients (1 170 au total), en plus des médecins. L’OL [MAG] vous présente les grands enseignements de ce volet du sondage, qui montrent que le renouvellement des équipements optiques chez l’opticien est mieux connu, mais pas forcément plus usité, y compris dans les zones sous-dotées.

 

De plus en plus de patients savent qu’ils peuvent renouveler leurs équipements chez l’opticien. Ce dispositif est désormais connu de 76 % des patients, contre 71 % en 2019. « Il reste cependant une marge de progression pour informer le reste de la population (24%) », note le Snof. Le public semble mieux informé quand il réside dans un département où le délai d’obtention d’un rendez-vous chez l’ophtalmologiste est parmi les plus longs : le taux d’information atteint 79 % quand ce délai est supérieur à 46 jours, contre 72 % dans les départements où le délai est inférieur à 46 jours.

 

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L’opticien est la première source d’information sur cette mesure. Comme en 2019, l’enquête du Snof révèle que les opticiens et les ophtalmologistes constituent les principales sources d’information (elles sont citées respectivement par 51 % et 24 %) des patients sur la possibilité de renouveler les lunettes chez l’opticien. Elles sont plus efficaces que les médias et les organismes d’assurance maladie, même si une part plus importante du public semble désormais retenir leur communication.

 

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La consultation auprès d’un ophtalmologiste reste prédominante pour le renouvellement des lunettes. 12 % des patients interrogés ont renouvelé leurs lunettes sans consulter un ophtalmologiste (11 % en 2019), ce qui correspond au taux généralement admis, précise le Snof (la réforme de 2007 prévoyait un taux compris entre 10 et 15 % ; il était de 10,1 % en 2013 selon le rapport 2016 de l’Observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale). « Le taux reste donc stable, mais en volume cela correspond tout de même à 2,4 millions de paires de lunettes », souligne le syndicat. L’organisation note par ailleurs qu’il ne semble pas y avoir de relation entre le renouvellement directement par l’opticien et les délais d’obtention de rendez-vous chez un ophtalmologiste : le taux est de 87 % quand ce délai est inférieur à 46 jours, et de 90 % quand il est supérieur.

 

Une modification de la correction a été effectuée par l’opticien chez la moitié des patients ayant renouvelé leurs lunettes chez l’opticien. 41 % des renouvellements se feraient avec adaptation selon les patients (42 % en 2019). Ce chiffre est nettement plus élevé que ce qui a été avancé lors des négociations du 100% santé (environ 15 %, mais 26 % en 2013 pour l’Observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale). « Selon la Cnam et les syndicats d’opticiens, le RA serait mal rempli par les opticiens lors de la délivrance des lunettes, bien qu’il y ait une rémunération pour cela depuis 2020. Cette nette sous-déclaration des renouvellements avec adaptation contribue aussi à expliquer le faible taux de retour d’information vers les ophtalmologistes », explique le Snof.

 

Peu d’opticiens inscrivent la nouvelle correction sur l’ordonnance. Comme en 2019, seuls 2 patients sur 10 ayant renouvelé leurs lunettes avec adaptation chez l’opticien, déclarent que celui-ci a reporté l’information sur l’ordonnance (42 % ne savent pas répondre à cette question). Le Snof rappelle que cette mention est obligatoire, comme le prévoit le code de la Santé publique.  

 

La majorité des patients privilégie la consultation de leur ophtalmologiste pour renouveler les lunettes. 81 % (vs 76 % en 2019) préfèrent consulter leur ophtalmologiste plutôt que de se rendre directement chez un opticien pour renouveler leurs lunettes. Ce taux est quasiment identique qu’il s’agisse de zones sous-dotées (82 %) ou non (80 %). « Moins de 2 patients sur 10 sont prêts à aller chez l’opticien, mais dans les faits, c’est nettement moins », assure le syndicat. Notons que les patients de 65 ans et plus sont les plus nombreux (88 %) à préférer consulter leur ophtalmologiste pour un renouvellement (77 % chez les 16 à 42 ans).

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