8 / 08 / 2022

Les données chiffrées sur le 100 % santé se font plus précises et plus nombreuses. Après la publication, par l’Assurance maladie, de statistiques inédites, la Drees a récemment dévoilé une étude sur la connaissance de la réforme et les intentions des Français d’utiliser le dispositif.

 

Le 100 % santé est de mieux en mieux connu

Fin 2021, 53 % des Français déclaraient avoir entendu parler du panier 100 % santé : 18 % disaient savoir précisément qui peut en bénéficier, 25 % pensaient ne le savoir qu’approximativement et 10 % en avaient entendu parler, sans savoir cependant précisément qui peut en bénéficier. En un an, la connaissance du dispositif a ainsi progressé de 11 points (+14 points chez les 20 % de Français les plus modestes, contre +8 points chez les 20 % les plus aisés).

 

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L’idée fausse d’un accès conditionné aux ressources persiste

Au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, 4 Français sur 5 ont eu un besoin dans au moins un des trois domaines couverts par la réforme : 63 % des Français déclaraient avoir eu besoin de lunettes ou de verres, 73 % de soins dentaires et 24 % d’un appareil auditif. En ce qui concerne l’optique, 7 % déclaraient avoir dû y renoncer pour des raisons financières (18 % chez les plus modestes). Fin 2021, 72 % des Français jugeaient qu’ils auraient besoin de lunettes, de prothèses dentaires ou d’un appareil auditif cette année : 35 % comptaient avoir recours au panier 100 % santé. Les autres ne prévoyaient pas de l’utiliser, pour diverses raisons : parce que les équipements proposés ne leur conviennent pas (8 %), parce qu’ils supposent que leurs revenus sont trop élevés (21 %) ou pour une autre raison (7 %). « Alors même que l’accès au panier 100 % santé n’est pas soumis à condition de ressources, trois Français sur dix qui déclarent avoir besoin des équipements concernés pensent ne pas pouvoir en bénéficier au motif que leurs revenus seraient trop élevés », relève la Drees.

 

Des intentions de recours variables

Les intentions de recours varient selon le degré de connaissance du dispositif : 41 % pour ceux qui n’en ont pas entendu parler vs 61 % pour ceux qui déclarent en être informés et savoir précisément qui peut en bénéficier (ces derniers restent tout de même près d’un quart à penser que leurs revenus sont trop élevés pour y prétendre).

En toute logique, les plus vulnérables déclarent des intentions de recours plus élevées : chez les 20 % les plus modestes, 1 personne sur 2 envisage ainsi de bénéficier du dispositif, contre 1 sur 5 parmi les 20 % les plus aisés. « Le profil nettement décroissant des intentions de recours selon le niveau de vie résulte principalement de l’idée erronée selon laquelle l’accès au 100 % santé serait soumis à condition de ressources, idée plus souvent exprimée par les plus aisés, qui seraient plus susceptibles d’y être confrontés. Il est envisageable que ce profil s’atténue au fur et à mesure que la connaissance des conditions d’accès à ce dispositif progressera au sein de la population », analyse l’étude.

Enfin, ceux qui jugent que leur reste à charge est beaucoup trop élevé sont aussi nettement plus disposés à recourir au panier 100 % santé (66 %) que ceux qui le jugent un peu trop élevé (50 %) ou ceux pour qui ce montant convient (46 %). Les intentions de recours s’élèvent à 68 % parmi les Français qui souhaiteraient être davantage aidés par les pouvoirs publics, contre 47 % pour ceux qui jugent être déjà suffisamment aidés (ou ne pas en ressentir la nécessité).

 

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