30 / 09 / 2022

Une nouvelle étude du Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) sur les nouvelles installations montre qu’un rééquilibrage de l’offre de soins en ophtalmologie est en train de s’opérer sur tout le territoire français. L’organisation a élaboré un programme pour mettre fin, d’ici 5 ans, aux déserts médicaux dans cette spécialité. Ce plan inclut très largement les orthoptistes mais ne mentionne pas les opticiens.

 

Selon l’enquête du Snof, la démographie des ophtalmologistes continue de se renforcer : ces 4 dernières années ont vu 821 nouvelles installations (hors hôpital), soit plus de 200 en moyenne par année depuis 2018. « D’après les prévisions, à partir des données de la CARMF, de la Drees et du Cnom, la part des nouveaux arrivants devrait s’équilibrer avec le nombre des départs à la retraite jusqu’en 2023, puis dépassera nettement ces départs en retraite en 2025 », analyse le syndicat, en soulignant un bon maillage sur l’ensemble du pays : 28 % des installations entre 2018 et 2021 se sont produites sur les zones d’intervention prioritaires (ZIP) concernées par des aides conventionnelles et le nombre de prescripteurs exerçant sur des sites multiples a augmenté de 152 % en 8 ans. Par ailleurs, 17 % des primo-arrivants sont davantage enclins à choisir des territoires peu denses en ophtalmologistes (seulement 8 % des ophtalmologistes y exercent) et, dans la majorité des cas, peu denses en orthoptistes libéraux (54 % des ophtalmologistes choisissent des aires où il y a moins de 5 orthoptistes/100 000 habitants). « Ces données montrent que les premières installations participent à l’amélioration du maillage territorial et améliorent l’accès aux soins en ophtalmologie et en orthoptie puisque les ophtalmologistes embauchent très fréquemment des orthoptistes dans le cadre du travail aidé. »

 

Une amélioration à soutenir par des actions concrètes

Pour poursuivre cette dynamique positive, le Snof propose un plan axé sur 3 objectifs :

  • accroître l’offre dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants afin qu’il n’y ait plus de problématique d’accès aux soins sur ces agglomérations, au bénéfice de toute la population ;
  • garantir un socle d’environ 500 ophtalmologistes dans les zones sous-dotées en favorisant l’installation de jeunes ophtalmologistes secondés par une équipe paramédicale suffisante (orthoptistes, assistants médicaux) ;
  • développer un maillage complémentaire en zone sous-dotée avec des sites secondaires, afin de combler le manque résiduel d’offre de soins (sur ces sites pourront se développer des protocoles de délégations avec des orthoptistes et de la télémédecine, à côté d’une activité présentielle des ophtalmologistes).

Les ophtalmologistes formulent ainsi diverses propositions pour soutenir l’installation et favoriser la création de sites secondaires. Ils préconisent notamment de renforcer les aides à l’installation sur les aires urbaines de moins de 50 000 habitants (où il y a un déficit important en ophtalmologistes), d’ouvrir et de mutualiser les aides à l’installation à plusieurs praticiens d’un même cabinet de groupe (voire à plusieurs cabinets qui se partagent un site secondaire), ou encore d’adapter le contrat collectif de coopération pour les soins visuels pour stimuler l’investissement sur ces sites secondaires et valoriser le travail en coordination avec les orthoptistes.

 

Ce programme ne mentionne pas les opticiens, alors même que la profession revendique de nouvelles prérogatives pour améliorer l’offre de soins ophtalmologiques dans les déserts médicaux.