30 / 11 / 2022

L’Autorité de la concurrence a annoncé hier, 8 novembre 2022, sanctionner Essilor International SAS à hauteur de 81 067 400 euros (dont 15 400 000 euros en solidarité avec EssilorLuxottica SA), dans une décision du 6 octobre dernier, pour avoir, selon elle, « durant 11 ans et 7 mois, mis en œuvre des pratiques commerciales discriminatoires visant à entraver le développement en France, de la vente en ligne de verres correcteurs ».

 

Concrètement, que reproche l’Autorité de la concurrence à Essilor ? « Face à l’essor de la vente en ligne, canal sur lequel elle n’était pas positionnée en France, Essilor a, du 29 avril 2009 au 23 décembre 2020, mis en œuvre des pratiques discriminatoires visant à entraver le développement, de ce canal de distribution. » Se basant sur des « opérations de visite et de saisie, d’auditions et d’échanges avec les principaux acteurs du secteur des verres optiques », l’organisme reproche au verrier 3 types de pratiques sur le marché français :

  • La restriction de livraison : refus de vendre à certains acteurs.
  • La restriction en matière de communication : interdiction d’utiliser les marques et logos d’Essilor et de communiquer sur l’origine des verres.
  • La limitation de garantie : Essilor indiquait dans ses conditions générales de vente que la garantie adaptation était conditionnée à une prise de mesures réalisée en magasin.

Selon les conclusions de l’Autorité, cette politique a « limité l’accès aux consommateurs à un canal de vente alternatif et favorisé le maintien d’un niveau de prix élevé des verres correcteurs ».

 

EssilorLuxottica a immédiatement réagi. Dans un communiqué, la société fait savoir qu’elle reste « fermement convaincue de la légalité de ses pratiques et du bien-fondé de commercialiser certains segments de verres correcteurs dans des conditions permettant de garantir aux consommateurs la meilleure correction visuelle nécessaire pour répondre à leurs besoins personnels ». Selon elle, tout s’est passé dans « le strict respect du contexte concurrentiel et règlementaire de la période concernée » et ce, « pour le bénéfice de ses clients et de ses partenaires mais aussi de l’ensemble du secteur ».

La décision a été prise d’interjeter appel de cette décision que la société « conteste vivement ». Cette dernière se dit « confiante dans sa capacité à prouver que la décision de l’Autorité est infondée ».