31 / 01 / 2023

Une enquête menée par le SDI (Syndicat des indépendants et des TPE) auprès de 2070 entreprises de moins de 10 salariés vise à démontrer les failles du dispositif mis en place par l’Etat pour soutenir les chefs d’entreprise, notamment les commerçants, face à la forte hausse du coût de l’énergie.  

 

Selon cette étude, l’amortisseur ne concernera potentiellement, sur les 420 000 TPE nécessitant un soutien, que 180 000 entreprises. Le SDI explique que 54 % des sociétés de moins de 10 salariés disposent d’un contrat en cours à prix fixe au moins sur l’année 2023, que les entreprises dont les contrats d’une durée de 3 ans ont été signés début 2021 ou début 2022 et que 44 % des TPE ont subi des augmentations inférieures à 50 % dans le cadre de leur contrat en cours. « Au total, c’est bien 180 000 TPE qui seront concernées par l’amortisseur électricité, concentrées dans des filières bien spécifiques », comme les commerces de bouche, les traiteurs, les pressings, certains fleuristes ou certains restaurateurs. De nombreux opticiens risquent ainsi de ne pas être éligibles à cette aide.

 

Le SDI précise que l’amortisseur ne se déclenchera qu’au-delà d’un prix minimum de 325€/MWH, ce qui en exclut 34 % des TPE ciblées, quel que soit le coefficient multiplicateur de leur facture. « Complexe dans sa compréhension, l’amortisseur électricité ne permet pas au chef d’entreprise de se projeter et donc de mettre en œuvre sereinement les moyens de la poursuite de son activité. Il sera placé chaque mois devant le fait accompli d’une facture dont il ne maîtrise pas les tenants et aboutissants. » Le syndicat estime à 2 milliards d’euros la somme nécessaire pour aboutir à une solution équilibrée, soit par entreprise sur une année, « un montant proche de celui versé chaque mois aux structures fermées en période Covid ».

L’enquête du SDI montre en outre que 77 % des TPE concernées par l’amortisseur n’en ont pas entendu parler et que 86 % des TPE ayant connaissance du dispositif sont dans l’incapacité de se projeter. Pour les chefs d’entreprise qui ont connaissance du dispositif, « il leur est impossible d’anticiper l’ampleur exacte de l’aide dont ils pourront bénéficier », regrette l’organisation.