31 / 01 / 2023

Dans peu de temps, vous pourrez délivrer des équipements optiques à des clients munis d’une ordonnance établie par un.e orthoptiste. Le ministère de la Santé affirme en effet que la publication des derniers textes nécessaires à la concrétisation de cette mesure se fera dans un bref délai.

 

Questionné par la sénatrice Nicole Bonnefoy sur l’amélioration de l’accès à la santé visuelle et la mise en place des recommandations de l’Igas, le gouvernement* a souligné l’augmentation du nombre de places offertes en ophtalmologie dans les universités de médecine (+9,93 % depuis 2017), la hausse démographique des orthoptistes (+59 % entre 2012 et 2022) et des opticiens (+57 % depuis 2012), ainsi que l’élargissement de leurs compétences.

 

Le ministère de la Santé met en avant l’article 68 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, qui reprend une recommandation du rapport Igas de 2020 en autorisant, sous certaines conditions, les orthoptistes à primo-prescrire des verres et des lentilles, et à réaliser le dépistage de l’amblyopie et des troubles de la réfraction chez l’enfant. « Ces dispositions ont été précisées par le décret du 26 avril 2022 relatif aux soins visuels pouvant être réalisés sans prescription médicale par les orthoptistes, permettant de cadrer ainsi ces nouvelles compétences : ouverture de la primo-prescription uniquement pour les patients âgés de 16 à 42 ans, en l’absence de contre-indications et avec la réalisation d’examens préalables. Afin de donner pleine application à ces nouvelles prérogatives, les textes réglementaires sont en cours et seront publiés très prochainement », affirme l’exécutif. En effet, la mise en œuvre de cette mesure reste suspendue à la publication d’un arrêté listant les contre-indications à la prescription en accès direct, qui se fait attendre depuis de longs mois, au grand dam du SNAO (Syndicat national autonome des orthoptistes). Si l’on en croit les propos du ministère, cette publication est donc désormais imminente.

 

Le gouvernement rappelle enfin le lancement, en 2022, de l’expérimentation prévue par la loi du 5 février 2019 : d’une durée de trois ans, cette expérimentation permet aux opticiens candidats des régions Centre Val de Loire et Normandie d’intervenir en Ehpad pour réaliser des réfractions et adapter, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions des résidents.

 

*réponse du ministère de la Santé et de la Prévention publiée dans le JO Sénat du 12 janvier 2023