31 / 01 / 2023

Comme chaque trimestre, le groupe Altares, spécialiste des données d’entreprises, a dévoilé les chiffres de son étude portant sur les défaillances de ces dernières, à savoir les liquidations, redressements et sauvegardes. Que retenir des chiffes du dernier trimestre 2022 et donc de l’année entière ?

 

2022 a été marqué par 42 514 procédures de défaillances. Un chiffre en augmentation de 49,9 % par rapport à 2021, mais toujours en recul de – 18,5 % par rapport à 2019. Dans le détail, ces défaillances se décomposent comme suit : 1 125 sauvegardes, 10 132 redressements judiciaires et 31 257 liquidations judiciaires. « Depuis 2020, les liquidations judiciaires concentrent les trois quarts des jugements prononcés contre les deux tiers avant Covid », note Altares. Ce sont les PME de 10 à 99 salariés qui sont les plus touchées par les défaillances (3 204 en 2022 contre 1 804 en 2021). Cette forte hausse des défaillances entraîne mathématiquement un bond du nombre d’emplois menacés, dont l’estimation atteint 143 500, après être tombée sous le seuil des 100 000 en 2021.

En détaillant par secteur, la construction enregistre un quart des faillites, suivi par le commerce, et en particulier le commerce de détail multi-rayons (827 défaillances en hausse de 85 % sur un an) et l’épicerie (635 défaillances sur l’année). Les services aux particuliers sont durement touchés avec une augmentation de 70,3 %, voire un pic à + 87,9 % pour les activités de coiffeurs, soins de beauté et corporels.

A quoi faut-il s’attendre pour 2023 ? Thierry Millon, directeur des études Altares, la perçoit comme « une année de transition à bien négocier » : « Pour certaines TPE et PME, les chances de survie sont compromises. Pour certaines, la fragilité de leur structure financière est en cause. Pour d’autres c’est paradoxalement leur incapacité à honorer des carnets de commande pourtant bien remplis qui pourrait les amener au défaut. En cause, les difficultés d’approvisionnement, l’explosion des coûts des matériaux et les problèmes de recrutement. Dans tous les cas, les prêteurs seront plus exigeants et se concentreront sur les sociétés dont les bilans seront les plus solides.

Les contraintes financières (remboursement des dettes Covid et notamment PGE ; inflation ; hausse des taux ; facture énergétique, etc.) sont malheureusement vouées à peser toujours plus lourd. Alors que les tensions sur les trésoreries des entreprises se font déjà ressentir, le financement de l’exploitation et donc du BFR (Besoin en Fonds de Roulement) aura à n’en pas douter l’attention des directions financières des TPE PME comme des ETI. »

 

Et dans l’optique ?

Le secteur enregistre également sur l’année 2022 une accélération du nombre de défaillances, par rapport à 2021, avec 101 redressements et liquidations judiciaires (87 liquidations et 14 redressements), contre 62 l’année précédente. Si l’optique revient ainsi aux chiffres des années pré-Covid, elle est encore loin de 2018 (128 défaillances), 2017 (114) ou 2016 (111), montrant ainsi sa résistance malgré la conjoncture actuelle.